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Pourquoi les experts en sciences humaines et sociales sont-ils des parasites ?

La revue de sociologie lo-fi

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Titre: Pourquoi les experts en sciences humaines et sociales sont-ils des parasites ?
Auteur initial: Benjamin Grassineau
Création de l'article: 2008
Dernière modification de l'article: 27-03-2016 à 16:31
Rubrique: La revue de sociologie lo-fi
Etat de la rédaction: finalisé / Droit de rédaction: ouvert / Licence: Licence culturelle non-marchande






Résumé :

Bien des gens consid√®rent le travail des intellectuels, des experts, des cadres, des dirigeants, des juristes, des politiciens, des chercheurs, des financiers, des artistes et des professeurs comme inutile. Du moins trouvent-ils anormal que ces personnes soient r√©mun√©r√©es pour dire des banalit√©s sans int√©r√™t, ou pour exercer des t√Ęches inutiles, superflues, et parfois dangereuses. Ces gens l√† sont g√©n√©ralement de condition modeste. Il est donc rare que leur point de vue soit entendu. Et il est tout aussi rare que des personnes qui appartiennent √† la premi√®re cat√©gorie scient la branche sur laquelle ils sont assis. Je voudrais ici d√©roger √† la r√®gle, et montrer que toute cette cat√©gorie d'administrateurs, puisque c'est bien le terme qu'il faut employer, qu'ils soient publics ou priv√©s, ne peuvent √™tre utiles √† la soci√©t√© que si nous cessons de les r√©mun√©rer. Le gain que nous en retirerions pourrait alors servir √† la mise en place d'une allocation universelle qui assurerait leur subsistance. Ainsi, chacun pourrait se livrer √† ces activit√©s √† √©galit√© sans √™tre professionnel. Le marketing, les math√©matiques et la finance redeviendrait un loisir, une affaire d'amateurs, et non plus une affaire de professionnels.

Article rédigé en 2008 et paru dans le fanzine A Poil (Bordeaux).

Attention ! Le texte est trash !

Notre société moderne a engendré un nouveau type de parasites : les brasseurs d'air. Espèce étrange, vaguement malsaine, généralement méprisante, qui erre en quête de proies à parasiter. Cette espèce se développe à l'état naturel dans les universités; c'est là qu'elle est née et qu'elle trouve un terrain propice à sa croissance. Mais, elle prospère aussi dans d'autres écosystèmes. On la retrouve ainsi à l'état sauvage dans les conférences, les colloques, les congrès, les plateaux de télévision, les soirées mondaines, les entreprises, les laboratoires, les gouvernements, les administrations, les médias, etc.

Si cette esp√®ce parasite toujours le m√™me h√īte, nous-m√™mes, il en existe de nombreuses vari√©t√©s : √©conomistes, sociologues, consultants en organisation, experts en management, consultants en finance, juristes, psychologues, psychiatres, etc. On les appelle les experts en sciences humaines et sociales. Ils ont en commun de s'√™tre auto-d√©clar√©s, sans que personne ne leur en donne le droit, sp√©cialistes et r√©gents de nos propres vies. Mais dans les faits, je dirais plut√īt que ce sont surtout des sp√©cialistes du vide, des sp√©cialistes du discours creux qui, tels des alchimistes, ont fait de leur baratin absurde et nul le principal ingr√©dient d'un m√©tier respectable et chichement pay√©. Immoraux, parasites, et rus√©s. Tels sont les mots qui les r√©sument le mieux.

Une pr√©cision s'impose. En quoi sont-ils d'authentiques parasites ? Un bref rappel. Un parasite est un √™tre vivant qui puise ses ressources dans l'organisme d'un autre auquel il cause un dommage plus ou moins grave. Or, 1) il n'est m√™me plus besoin de d√©montrer que ces parasites nous causent des d√©g√Ęts redoutables et irr√©versibles, 2) sans notre concours, tous ces opportunistes immoraux seraient probablement incapables de survivre. Dans le meilleur des cas, ils v√©g√©teraient. Certes, ils sont capables de s'auto-suffire, mais pratiquer le b√©n√©volat n'est pas dans leur nature profonde. Car en r√®gle g√©n√©rale, plus ils accaparent les ressources de leur h√īte, plus ils deviennent puissants. Donc, pourquoi s'en priveraient-ils ?

Un peu de taxinomie. Ces parasites des temps modernes, ces vers solitaires de la soci√©t√©, ces sangsues de l'intellect qui vivent sur notre dos en pompant l'argent de nos imp√īts, ou en rognant sur nos salaires de smicards, peuvent √™tre class√©s dans diff√©rentes cat√©gories en fonction de leur degr√© de nocivit√©.

Tout en haut de l'échelle, on trouve l'économiste. La profonde médiocrité et la dangerosité de cette espèce n'étant plus à démontrer (qu'il soit marxiste, néo-keynésien, néo-classique ou anarcho-bouddhiste), ne nous attardons pas sur son cas; elle n'en vaut pas la peine.

Le psychiatre est √©galement particuli√®rement nocif. Sa dangerosit√© a √©t√© depuis longtemps d√©montr√©e. Et quand on dit ¬ę¬†psychiatre = flic¬†¬Ľ, on est souvent loin du compte. ¬ę¬†Psychiatre = Gestapo¬†¬Ľ serait plus proche de la v√©rit√©. Certes, il y a des psys qui essaient sinc√®rement d'aider des gens en d√©tresse et n'essaient pas de les torturer en les shootant aux m√©docs ou en les traumatisant √† coup de divan ou de th√©rapie n√©o-cognitivo-comportementale-ethno-boudhiste, mais c'est si rare...

Un peu plus loin derri√®re, on trouve le sociologue, le politologue, le n√©o-lib√©ral, le libertarien, le n√©o-marxiste, l'anarchiste professionnel (comme ceux qui se disent anarchistes tout en enseignant √† Nanterre ou √† la Sorbonne...), l'√©cologiste, etc. Ces parasites qui mutent tr√®s facilement, et prennent des formes assez variables, peuvent sembler relativement inoffensifs. Apr√®s tout, ils ne font que d√©blat√©rer des inepties douteuses et gaspiller du papier ou de l'espace-m√©moire. Est-ce si grave ? Ce ne sont que des esp√®ces un peu particuli√®res de singes sans cervelle, qui occupent le bas de la hi√©rarchie des primates, et qui ont un besoin maladif de citer leurs copains dans leurs articles, ou d'√™tre cit√©s dans l'article de leurs copains. Parfois, ils vont faire quelques exp√©riences en Afrique, ou dans quelques populations d√©chues de nos quartiers d√©favoris√©s. Bon. Pas de quoi fouetter une girafe... On a bien compris que leurs gesticulations ridicules √©taient profond√©ment ineptes, et que leur seule utilit√© (et ambition) v√©ritable √©tait de coller leur nom sur des torchons qui sont bien moins int√©ressants et plaisants √† lire que Gala ou Voici. Toutefois, ne nous y trompons pas, ils sont tout aussi dangereux que ces diables d'√©conomistes ! Car telles des termites, ils accomplissent leur travail infernal en profondeur ! Ils oeuvrent dans l'ombre, op√®rent dans la plus sordide des discr√©tions. Leur travail de sape, outre qu'il est profond√©ment inutile et n√©faste, vient en droite ligne de la lutte des classes. Ils d√©naturent l'humanit√©. Ils la regardent de haut, et leur m√©pris pour le peuple n'a d'√©gal que la m√©diocrit√© des strat√©gies qu'ils d√©ploient pour publier leurs articles mis√©rables dans des revues minables, sortes de r√©ceptacles de toutes les immondices que ces vermines sont capables de vomir. Tous ces t√©nias nous classent, nous d√©cortiquent, nous simplifient, nous ridiculisent, et rendent s√©rieux, ennuyeux, amers, p√©dants, inutilisables, imbuvables, repoussants de formidables sujets d'√©tudes et de formidables sujets de vie. Ils ont un profond m√©pris pour l'√™tre humain. Ils font de nos activit√©s humaines, des niches, des sujets de sp√©cialistes o√Ļ ils posent leur urine, bien contents de pouvoir frimer devant leurs copains, et de dire qu'ils sont pass√©s ma√ģtres dans leur domaine de comp√©tence. Un tel deviendra sp√©cialiste de la religion copte en Ouganda, l'autre deviendra sp√©cialiste de la communaut√© des d√©veloppeurs de Debian, un autre se sp√©cialisera dans la communaut√© des √©boueurs b√©n√©voles paralytiques de la Creuse, et le dernier se consacrera √† l'√©tude de l'oeuvre grandiose de son idole de pacotille : Bourdieu, Hayek, Simmel ou Soeur Marie-Th√©r√®se. Des biscotos ? Allons donc, soyons s√©rieux ! Encore du vent ! Leur comp√©tence dans le domaine de nos vies ne vaut pas m√™me une peau de banane avari√©e. Non seulement, elle ne sert √† rien, mais la seule chose dont ils sont r√©ellement capables, c'est de brasser de l'air, et de faire semblant d'avoir saisi le sens profond de telle ou telle secte ou tribu, ou tel ou tel comportement, alors qu'ils ne font que donner une interpr√©tation tristement pauvre et d√©solante de milieux humains infiniment plus riches et complexes que leurs analyses stupides et d√©moralisantes.

Juste un peu apr√®s, viennent les parasites de l'entreprise, de la politique et de la finance. Cette vari√©t√© assez particuli√®re occupe une place peu noble dans la hi√©rarchie des parasites. Mais cela n'att√©nue en rien leur f√©rocit√© ! Disons qu'ils occupent le poste peu glorieux des parasites recycleurs. Ils se jettent comme des harpies sur les restes que les gros parasites ont bien voulu leur laisser. Par contre, les d√©g√Ęts provoqu√©s par ces parasites puants sont incroyables et innombrables. On ne cesse de s'en √©tonner jour apr√®s jour. Des vies bris√©es, des carri√®res foutues, des √Ęmes en peine, des jeunes broy√©s... Tout cela pour exp√©rimenter des th√©ories du management, des id√©ologies politiques ou des nouvelles th√©ories de l'entreprise. Mais apr√®s tout, que peut-on y faire, nous chanterons en coeur les sp√©cialistes de la vulgate n√©o-lib√©rale ? C'est le march√© qui veut √ßa. Gloire √† la main invisible ! Mais bon sang, mais c'est bien s√Ľr ! Pourquoi n'y avais-je pas pens√© avant. Reste que j'ai beau me creuser la cervelle, je ne comprends toujours pas pourquoi le march√© s'ent√™te √† r√©tribuer ces experts du march√©. Il marche tout seul ou pas, ce fameux march√© ? Faudrait savoir.

Enfin, en bas de l'√©chelle, on trouve les psychologues et les psychanalystes. Pourquoi sont-ils moins nocifs que leurs cong√©n√®res ? Pour des raisons fort simples. Il n'y a pas grand monde qui les prenne au s√©rieux, et ils ne sont gu√®re diff√©rents d'une secte inoffensive. Ils d√©lirent dans leur coin, voil√† tout. Ce sont de joyeux bouffons. Pas tr√®s marrants certes, mais tous les clowns ne sont pas dr√īles. Certains, comme eux, sont justes pitoyables.

Tous ces parasites brasseurs d'airs ont certains rites assez surprenants.

Commen√ßons par les rites de leur tribu. Ils se citent, s'admirent, se glorifient pour des id√©es franchement nulles. Un mec aussi b√™te que Mancur Olson, a d√Ľ √™tre cit√© peut-√™tre une bonne dizaine de milliers de fois pour son pauvre paradoxe ridicule, dont tout le monde est au courant depuis √† peu pr√®s 3 milliards d'ann√©es. Voil√† donc l'un des premiers passagers clandestins de l'histoire : il a r√©ussi √† piquer le travail intellectuel de l'humanit√© sans rien faire, et √† le marquer de son sceau d'√©conomiste mentalement attard√©. Olson, le voleur classe, l'anti-Robin des bois, l'Ars√®ne Lupin de l'√©conomie, le malfrat des congr√®s, il a bien r√©ussi son coup le petit renard ! √Ä cot√© de lui, bien des brigands font p√Ęle figure. Notamment les receleurs minables qui s'ent√™tent √† le citer, ce qui est le signe affligeant de leur profonde soumission aux normes du milieu oppressif qu'ils contribuent √† entretenir. Bon voil√†. J'arr√™te l√†. J'ai la flemme de continuer √† d√©crire leurs communaut√©s d'autistes path√©tiques, √ßa me gave. Tout le monde les conna√ģt, ils disent n'importe quoi, sont p√©dants, aust√®res, niais, hypocrites, roublards, opportunistes, mesquins, trouillards, conformistes, m√©prisants, hautains, haineux, grotesques, et voil√† tout. Que dire d'autre ? Sinon que mon voisin de palier me dit des choses bien plus int√©ressantes qu'eux. Madame Soleil aussi. Et √† tout prendre, je pr√©f√®re √©couter les discours des politiciens, que les soupes √©coeurantes ou insipides de ces technocrates de l'intellect. Au moins, les discours des politiciens vibrent, les leurs me terrassent d'ennui.

Continuons. Ces parasites, puisque ce sont bel et bien des parasites, entretiennent différentes relations avec le truc qu'ils parasitent (nous en l'occurrence). Il y a tout d'abord des relations de défense. Elles sont assez variables. En voici quelques unes.

Premi√®rement, ils n'ont pas de compte √† rendre. Donc personne ne doit intervenir dans leur d√©lire, sinon, c'est une atteinte √† la libert√©, √† la recherche scientifique, et cetera. Bon √ßa se d√©fend. Mais il faudrait peut-√™tre leur rappeler qu'on d√©bourse quand m√™me pas mal de tunes tous les ans pour payer leurs salaires et leurs d√©placements aux quatre coins du monde. √áa demande donc un minimum d'attention. Ouh! Ouh! Les gars, on existe... C'est gr√Ęce √† nous que vous avez pu vous payer votre grosse voiture qui pollue, et que vous pouvez voyager √† l'oeil dans vos conf√©rences et congr√®s de gens tr√®s intelligents, pour aller postillonner all√©grement vos cochonneries sur des micros pourris ! Personnellement, je ne vois pas trop √† quoi sert ce tourisme intellectuel √† l'heure d'Internet, mais bon, c'est vrai que je n'ai pas leur culture raffin√©e et subtile... Des clubs de rencontre, peut-√™tre... ? Bizarre tout de m√™me, je les ai jamais vu baiser dans les amphis. Ils copulent o√Ļ ces cachottiers ? Dans tous les cas super les gars ! Je savais pas qu'on pouvait se faire offrir aussi facilement des vacances pay√©es. Dites-moi la technique, parce que j'aimerais bien me faire payer un petit congr√®s pour les Bal√©ares.

Nous ne pouvons pas les comprendre. Nous sommes trop bêtes et ignorants. Donc nous devons prendre leurs inepties pour des vérités premières. Bon, pourquoi pas ! Laissons-les dans leurs illusions. Et puis c'est vrai qu'après une bonne cuite, j'ai tendance à avoir les neurones un peu lents.

√ätre contre les intellectuels, c'est √™tre un raciste anti-intellectuel. Tout comme √™tre contre les psychiatres, c'est √™tre un peu zinzin. Argghh... Mais c'est bien s√Ľr. Nous sommes des m√©chants sadiques psychotiques de droite qui voulons la mort des intellectuels. Ils seraient pas loin de nous affliger d'une croix gamm√©e ou d'un drapeau rouge parce qu'on les aime pas, les bougres. Bizarre ! J'aurais pourtant jur√© l'inverse... Je me sens plut√īt l√©g√®rement √† gauche, √©colo, na√Įf, bien dans mes baskets... pas du tout √† droite ou extr√©miste ! Bon tant pis. Je dois pas tout comprendre

Voil√† pour les m√©canismes de d√©fense. Mais comment s'y prennent-ils, ces petits parasites grouillants qui infectent le Web, les journaux, les plateaux TV, les universit√©s, les articles ¬ę¬†scientifiques¬†¬Ľ, pour √™tre aussi nocifs. Voil√† un bref aper√ßu de quelques unes de leurs armes favorites.

Ils nous pompent une bonne partie de nos ressources. Eh oui. Aussi surprenant que cela puisse para√ģtre, ces gens sont pay√©s pour √©crire toutes ces salades pour escargots rachitiques, et pour d√©verser leur vomi du samedi soir dans des torchons comme l'American Economic Review, L'Esprit ou la Revue Fran√ßaise de Sociologie. Mais ne soyons pas excessifs. Nous payons bien aussi de pauvres h√®res comme Serge Halimi ou des journalistes des √Čchos, pour qu'ils √©crivent leurs articles-mis√®res, qui sentent √† plein-nez la propagande d√©bile et path√©tique. Oui mais attention ! On le fait en pleine connaissance de cause. On sort les papelards du portif, et on les pose sur la caisse. Et hop ! Je fais pareil pour ma baguette. Apr√®s tout, c'est toujours sympa de lire les √Čchos aux chiottes, ou pendant le p'tit d√®j, ou de lire le Monde Diplo dans le train. Le Diplo, c'est joli, √ßa fait classe dans le TGV, et puis, pour ceux qui ont la chance d'avoir une chemin√©e, √ßa fait du bon papier pour allumer le feu. Il faut reconna√ģtre cet avantage incontestable du Diplo par rapport √† Voici, il br√Ľle nettement mieux.

En revanche, toute cette clique d'√©conomistes ou de sociologues, qui vivent sur nos imp√īts, que peut-on bien faire de leurs trucs minables ? Pourquoi diable les r√©mun√®re-t-on ? Pour qu'ils publient des livres illisibles dans de prestigieuses maisons d'√©dition, et pour qu'ils en retirent un paquet de pognon ? Bande de piqueurs de tunes ! Ces types-l√† sont des voleurs √©hont√©s. Point. Ils nous soutirent de l'argent pour balancer dans des revues √©sot√©riques des articles qui ne servent √† rien, pour nous endoctriner avec leur propagande, assurer leur promotion en nous vendant leur soupe p√©rim√©e, et pour nous sortir des banalit√©s bien moins int√©ressantes que celles de mon barman ou de Patrick S√©bastien. Mais pourquoi ? Pourquoi donc les payer ? Et pourquoi se payer des √©coles pour aller √©couter ces singes stupides ? Nous serions plus avis√©s d'aller voir de vrais singes dans des zoos. Leur spectacle est probablement nettement plus int√©ressant et instructif que les pitreries de ces profs de fac √† moiti√© chauves, ou de ces proffettes grotesques de Toulouse 1 qui bouffent des bonbons en cours en cassant du sucre sur le dos des rmistes (j'esp√®re qu'elle se reconna√ģtra).

Mais je pr√©f√®re mille fois entretenir des rmistes que des profs de fac ou des consultants en ressources humaines. √áa me para√ģt bien plus utile √† la soci√©t√©. La plupart des rmistes se bougent les fesses, ils montent des assoces, font des concerts, cultivent leurs potagers, animent des activit√©s parall√®les, √©crivent des bouquins, s'occupent de leurs dr√īles..., que sais-je encore ! C'est s√Ľr qu'on ne peut pas en dire autant des ma√ģtres de conf√©rence ou des consultants en organisations. Donc s'il nous faut trouver une vraie classe de parasites, n'allons pas chercher midi √† quatorze heures : les profs de fac, les actionnaires, les managers, les politiciens, les juristes, les experts, les consultants et les rentiers sont de loin les pires. Au mieux, ils remplissent une fonction vaguement utile (ce qui est exceptionnel), mais profitent de leur position favorable pour nous saigner √† blanc (car en terme d'utilit√©, un actionnaire devrait avoir un salaire beaucoup moins √©lev√© que celui d'une caissi√®re); au pire, ils ne servent √† rien, mais nous saignent quand m√™me √† blanc (c'est le cas le plus fr√©quent).

Ils exp√©rimentent leurs id√©es sur nous. En g√©n√©ral, √ßa fait mal. Un petit chiffre. Juste un. En 1933, 25% des professeurs d'universit√© en Allemagne √©taient membres du parti national-socialiste. A√Įe. Qui a dit que nous, les anti-intellectuels, √©tions des m√©chants racistes... ? Personnellement, je n'ai pas l'once d'un raciste, mais par contre, √ßa commence √† me gonfler d'√™tre regard√© de haut par des bouffons qui font leurs singeries sur leurs estrades. Surtout quand on sait que ces dipl√īmes minables, ces soi-disant gages de sagesse et de comp√©tence, ne mettent pas ces t√™tes pensantes √† l'abri de la b√™tise humaine et du vrai racisme. Conclusion, leurs pseudo-√©tudes ne servent d√©cid√©ment pas √† grand chose, m√™me pas √† nous prot√©ger de l'obscurantisme et de la haine. En ce qui me concerne, j'aurais m√™me plut√īt tendance √† croire que c'est eux qui sont √† la base de l'obscurantisme. √Ä preuve, il y a des facs d'√©co ou de socio, ou des √©coles, dans notre doux pays, qui ont compl√®tement vir√© dans un seul camp politique. Vous appelez √ßa de la libert√© de pens√©e ? Mais c'est carr√©ment la porte ouverte √† toutes les d√©rives !

Certes, on pourrait consid√©rer qu'ils font comme ils veulent. √Ä chacun sa croix. Mais quand m√™me non. Je ne suis pas d'accord. Je doit avouer que √ßa me gonfle. Je n'ai jamais eu envie d'aller √† la fac, et de payer ch√®rement un syst√®me universitaire cens√© √™tre performant, pour apprendre un et un seul courant, le leur, √™tre oblig√© de bouffer leur propagande r√©pugnante pendant X ann√©es, tout en vivant dans la crainte d'√™tre recal√© si je ne leur balan√ßais pas la version d√©solante de leurs discours mis√©rables qu'ils voulaient imp√©rativement entendre. D'ailleurs, un avertissement, si ces b√Ętards s'imaginent que je vais oublier que j'ai eu √† subir leur endoctrinement fascisant pendant plusieurs ann√©es, ils se trompent lourdement. Si ces fumiers s'imaginent un instant que j'ai cru √† leur d√©lire hi√©rarchique, et que je me suis prostern√© devant leurs DEA'S (english is good) ou labos minables, et devant leur profs arrogants, inhumains et fanatiques, ils r√™vent. Je crache sur les √©conomistes et les sociologues de Toulouse 1, de Dauphine et de Navarre. Ce sont des minables, des moins que rien, des imb√©ciles; ils ne m√©ritent m√™me pas un euro de leur salaire. Ou alors si ! Mais ils n'ont qu'√† demander √† √™tre pay√©s par des Think Tank am√©ricains ou parisiens. √Čvidemment, ces faqueux vous soutiendront qu'ils sont exempts de toute impuret√© politique. Rien n'effraie plus ces parasites qu'on les suspecte de dissimuler un discours politique derri√®re leur discours pompeux, pseudo-scientifique et √©sot√©rique. Ils ont cette id√©e en sainte horreur. Puissant refoulement ! Notre copain Sigmund Freud se serait r√©gal√©.

Mais tr√™ve de bla-bla. Revenons √† nos moutons. Ces intellectuels de tous bords, qui investissent nos universit√©s, nos entreprises, nos vies priv√©es et nos gouvernements, doivent nous pr√©parer un meilleur avenir. Ah bon ! C'est marrant, j'ai comme l'impression, de mon c√īt√©, que √ßa marche pas tr√®s fort. Je ne dis pas que tout part en couille, mais y a quand m√™me pas mal de trucs qui d√©connent s√©v√®rement. Et pourtant, √ßa fait un moment qu'ils nous harc√®lent, ces joyeux lurons; au moins trois ou quatre si√®cles. Alors il est o√Ļ le probl√®me ? Mais r√©fl√©chissez, nous diront ces chers parasites au ventre bien repus, c'est normal, c'est parce qu'on a pas compris les vraies causes de tous nos probl√®mes. On a pas fait appel aux bons intellectuels. Ben oui. Y a des bons et des mauvais. Pour ceux qui sont √† gauche, il fallait prendre des intellectuels de gauche (mais eux de pr√©f√©rence, parce que leurs copains n'ont pas tout bien compris √† Marx). Pour ceux qui sont √† droite, il fallait pas √©couter ceux qui √©taient √† gauche. Pour les experts en management, il fallait pas faire appel √† leurs concurrents. Ok... On le saura pour la prochaine fois. On a pas bien compris leurs le√ßons. Faut dire que c'√©tait pas tr√®s √©vident, vu le langage √©sot√©rique qu'ils emploient pour √©pater la galerie. Enfin... On a pas fait tout comme il fallait, ou on a pas encore appliqu√© leurs mesures proph√©tiques. Pauvre de nous. Incapables de comprendre leur parole divine, on continue √† les emb√™ter √† ne pas vouloir tout faire comme ils en ont envie... Et c'est pour √ßa que √ßa marche pas. C'est aussi simple que √ßa.

Dans tous les cas, c'est pas de leur faute à eux. Na ! Leur arrive-t-il de se tromper ? Jamais ! Pensez-vous ! Il y aura toujours un camp adverse à accuser. Chacun se renvoie la balle et c'est réglé. C'est soit la faute du peuple indocile, soit la faute des méchants d'en face... Et dire qu'après ça, ils ont traité des civilisations brillantes de sociétés primitives... Mystère de la nature humaine... Rien de plus primitif que ces intellectuels, ces experts ou universitaires animistes et anémiques, qui s'écharpent entre eux pour briguer des postes minables, pour se piquer des idées ridicules ou pour publier des articles poubelles dans des revues poubelles. Ça n'est guère plus élevé que le stade bactérien.

Ils nous insultent et nous m√©prisent. Ben oui. Quand j'entends que les Rmistes sont des feignants et que les ch√īmeurs pr√©f√®rent glander plut√īt que de trouver un emploi, ou que la culture de masse est inf√©rieure √† la leur, je prends √ßa comme une insulte. Ils se sont regard√©s eux, ces tas de feignants ! Ils seraient bien plus utiles dans des mines de charbon que dans leurs bureaux √† brasser du vent. √áa leur ouvrirait l'esprit ! Maintenant, quand j'entends des sociologues qui comparent les supporters √† des religieux et √† des primitifs, qui se moquent de TF1, ou qui rigolent quand ils entendent que des ouvriers parlent de philosophie (tous ces cas sont v√©ridiques), moi √ßa me rend un peu nerveux. L'humour des gens trop intelligents, √ßa a jamais √©t√© mon truc. Je pr√©f√®re Jean-Marie Bigard. Quant aux psychiatres, aux √©conomistes et autres brasseurs d'air. √áa se passe de commentaires.

Bon alors, r√©sumons. Nous payons des parasites m√Ęles ou femelles, pour qu'ils progressent dans leurs carri√®res, pour qu'ils nous endoctrinent √† notre insu, pour qu'ils exp√©rimentent leurs th√©ories vaseuses sur notre dos, pour qu'ils nous insultent, nous snobent, et nous inf√©riorisent avec leurs th√©ories foireuses ou leurs concours et examens stupides, pour qu'ils r√©glementent nos vies, etc. Ma question est : avons-nous besoin de tout √ßa ? Ma r√©ponse est non.

Donc, passons directement √† la deuxi√®me question. Comment faire pour ne plus les payer ? Il y a deux solutions. 1. Les mettre sous allocation universelle. 2. Les mettre au ch√īmage technique (le temps qu'ils se recyclent, les pauvres). Je suis pour la premi√®re solution. Apr√®s tout, si ils ont envie de d√©lirer, il faut bien qu'ils puissent continuer √† le faire, mais au moins qu'ils le fassent avec nous sur un pied d'√©galit√©... Et puis l'universit√© gratuite, c'est quand m√™me indispensable. √Ä condition que ceux qui veulent enseigner puisse le faire b√©n√©volement, et sans restriction, et √† condition qu'on ne soit pas l√©galement contraints d'aller √©couter leurs d√©lires de psychotiques (notamment qu'on puisse choisir nos cours et nos sujets lorsqu'on d√©cide d'apprendre une discipline quelconque).

Enfin, troisi√®me question. Comment faire pour √©viter d'√™tre pollu√©s par les experts des universit√©s priv√©es ou des think-tanks. Car si le monopole de l'enseignement obligatoire disparaissait, tous ces pr√©dateurs n'h√©siteraient pas un instant √† nous inonder de poulains de course fra√ģchement √©moulus, ardemment pr√©par√©s √† l'endoctrinement intensif et form√©s avec les sous qu'on serait oblig√© de leur donner pour pouvoir trouver un emploi (dipl√īme = job). Une solution : rendre l'enseignement ouvert, gratuit et supprimer les dipl√īmes. Certes, c'est plus facile √† dire qu'√† faire.

Dans tous les cas, vivement que les universités ferment leurs portes. Ou alors, si elles doivent rester ouvertes, rendons la fac aux étudiants. Et supprimons la discrimination dans les revues de sciences humaines et sociales. Quel bonheur si l'humanité retrouvait enfin son intelligence, sa créativité et sa liberté de pensée... Tous ces trésors humains ont été accaparés par des experts en sciences sociales boutonneux, cravateux, pédants et conformistes. Leur légèreté ou leur lourdeur me répugnent. Lorsqu'ils prennent leurs airs sérieux, j'ai envie de leur rire à la figure, et lorsqu'ils sourient avec leur petite mine malicieuse de snobs de centre-ville, j'ai envie de devenir sérieusement méchant. Il est temps que cela cesse, qu'ils nous rendent ce qu'ils nous ont volé, notre savoir, notre liberté de pensée et notre droit à vivre, à créer et à exister sans eux.

Allez, un peu d'Arthur Rimbaud pour finir.

¬ę¬†Pr√™tres, professeurs, ma√ģtres, vous vous trompez en me livrant √† la justice. Je n'ai jamais √©t√© de ce peuple-ci; je n'ai jamais √©t√© chr√©tien; je suis de la race qui chantait dans le supplice; je ne comprends pas les lois; je n'ai pas de sens moral, je suis une brute : vous vous trompez...

Oui, j'ai les yeux ferm√©s √† votre lumi√®re.¬†¬Ľ

Catégories: Recherche conviviale




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Commentaires (2):


Posté par BenjaminGrassineau le 16-05-2015 à 17:21

J'avais préparé un éclaircissement sur ce texte, que je n'ai ni terminé ni publié. Comme le texte est écrit au vitriol et sent un peu la haine (diront certains), je le mets en ligne.

En tous les cas, je n'ai qu'une réponse de fond à donner. Certes il sent l'énervement - c'est clair - mais pas plus que la haine savante distillée dans les manuels scolaires et universitaires...


Je suis un peu embêté avec ce texte, car j'y utilise deux techniques argumentatives assez trashs : 1) l'analogie avec le domaine biologique, 2) le discours haineux. Et ça rappelle de mauvais souvenirs... Les nazis ont utilisé des métaphores biologiques à foison, pour ne citer qu'un exemple. Et j'aime pas ces psychopathes.

Cela √©tant, trois choses doivent √™tre claires. 1) Les nazis n'√©taient pas les seuls √† utiliser ce genre de m√©taphores, et ils n'ont d'ailleurs fait qu'exacerber la biologisation de la notion de race, tr√®s courante au d√©but du XX√®me si√®cle, et entam√©e par les scientifiques d√®s le XVIII√®me si√®cle. 2) Le fait que les nazis aient utilis√© √† mauvais escient la m√©taphorisation biologique des soci√©t√©s humaines, ne devrait pas suffire √† exclure ce champ comparatif de toute analyse sociologique, car il peut s'av√©rer utile d'un point de vue heuristique. 3) Si j'ai employ√© une telle rh√©torique, c'√©tait bien s√Ľr dans l'id√©e de mettre le discours de bar au m√™me rang que le discours ¬ę¬†scientifique¬†¬Ľ ou journalistique, qui dit souvent exactement les m√™mes choses, mais sous des formes plus consensuelles, plus autoritaires et plus raffin√©es. Aussi, je trouve qu'il faudrait de temps en temps arr√™ter de se voiler la face et laisser un peu acc√©der √† l'autel sacr√© de la publication du discours trash. Personnellement, je me reconnais plus dans des discours trashs...

Cela dit, je voudrais quand même montrer que je n'appelle pas à la révolution pour rien et n'importe comment ...!, et dans quel contexte idéologique je le fais.

Tout d'abord, je ne m'inscris pas du tout dans la prolongation d'un discours anti-intellectualiste très courant dans les milieux politiques néo-conservateurs, fascistes ou marxistes. Au contraire, je crois avoir bien montré dans mon texte être nature, qu'il est préférable, à mon sens, de réfléchir à toutes nos actions, ce qui oblige à quasiment tout intellectualiser. Je ne suis donc pas anti-intellectuel. Je ne suis pas non plus alter-intellectuel, puisqu'à priori, chacun pense ce qu'il veut et comme il veut ; je n'ai rien d'un bourdieusien !

En fait, je me situe dans la lign√©e id√©ologique de l'anarchisme √©pist√©mologique de Paul Feyerabend. Auteur qui pr√īne l'√©galitarisme intellectuel ou la d√©mocratisation intellectuelle. A deux niveaux. 1) Le recours √† la d√©mocratie directe dans les affaires courantes et publiques doit permettre de court-circuiter le pouvoir des professions intellectuelles et des experts pour que le remettre directement dans les mains des citoyens. 2) La possibilit√© pour chacun de faire entendre son point de vue √† √©galit√© avec les autres. En gros, il s'agit donc d'une id√©ologie d√©mocrate.

Par ailleurs, je souligne quand même que je n'appelle pas à l'extermination de la classe intellectuelle. Loin de là ! Je dis juste qu'on ne doit pas payer des gens pour faire des trucs aussi inutiles (et même si par hasard c'est utile). Ou alors, les payer peu. À ce niveau-là, je pense être dans une revendication parfaitement légitime, au même titre que les marxistes veulent réduire le salaire des plus riches, ou que les néo-conservateurs veulent réduire celui des plus pauvres ! Je ne vois pas pourquoi la question des salaires ne pourrait pas être posée sur la table, au même titre que n'importe quelle autre.

Autre point, je ne m'en prends pas spécialement aux intellectuels au sens strict, comme le font par exemple les néo-conservateurs qui supportent assez mal que Noam Chomsky soit plus intelligent qu'eux et adulé par des jeunes... Je m'en prends à une classe sociale extrêmement vaste qui comprend aussi bien les comptables, les intellectuels de gauche et de droite, les médecins, les psychiatres, etc. En gros toutes les professions qui font leurs business sur la production ou la diffusion d'idées (ou la censure). À la limite, on pourrait même me reprocher d'avoir tapé un peu trop large.

Mais c'est d'ailleurs l√† qu'il faut bien comprendre que mes critiques portent non pas sur le fait d'intellectualiser certains sujets mais de le faire exclusivement au sein de professions qui en ont la chasse gard√©e. Voil√† o√Ļ est le probl√®me. Pourquoi quelques professionnels auraient-ils l'exclusivit√© sur certains domaines de pens√©e ?

Vaste question, mais j'en viens √† l'essentiel, pour qu'il n'y ait pas de malentendus : le parasitisme. Comparer les professions ¬ę¬†intellectuelles¬†¬Ľ √† des parasites peut sembler un peu abus√©. N√©anmoins, je ne connais pas de terminologie en sociologie ou en √©conomie qui permet de rendre compte de cette r√©alit√©. Ce qui me surprend quand m√™me pas mal. On est dans des soci√©t√©s o√Ļ il y a d'√©normes probl√®mes li√©s √† des institutions qui cr√©ent deux gros probl√®mes de d√©pendance.

Le premier est que ces institutions rendent les gens indirectement d√©pendants des biens et des services qu'elles fournissent. C'est le cas par exemple du syst√®me industriel qui nous a rendu d√©pendant de tout un arsenal technique qui nous pourrit la vie. Le deuxi√®me probl√®me est que ces institutions sont elles-m√™mes d√©pendantes des consommateurs de leurs services pour survivre. Ici, le meilleur (ou le pire) exemple nous est donn√© par les institutions caritatives ou les institutions qui oeuvrent au ¬ę¬†d√©veloppement¬†¬Ľ. C'est horrible √† dire, mais une institution qui aide les handicap√©s, les sous-d√©velopp√©s, les malades ou les d√©linquants est d√©pendante d'eux. Sans mis√®re humaine, pas de travail !

De même, dans nos sociétés, il y a de gros problèmes causés par ces mêmes institutions, qui puisent des ressources de la société pour survivre et s'étendre. Il y a quelques exemples évidents.

L'√Čtat, qui parasite la soci√©t√© civile en y puisant de mani√®re ill√©gitime, √† mon sens, des ressources. C'est cens√© √™tre pour notre bien, mais je dois dire que je suis franchement sceptique, puisque, outre les effets ind√©sirables directs (guerre, pollution, r√©pression, aggravation des situations qu'il tente de solutionner), il y a les effets ind√©sirables indirects qui sont, globalement, de subventionner les institutions-parasites que nous avons mentionn√© plus haut ou de constituer des appareils publics (grands chantiers, services publics) qui fournissent du travail √† une bonne partie des hommes d'√Čtat. Les professions intellectuelles qui parasitent les grandes entreprises. J'entends par l√† toute la clique d'ing√©nieurs, de responsables, de cadres, de managers, etc. La famille qui se fonde en grande partie sur le parasitisme, ou dans le meilleur des cas, sur le commensalisme.

Donc, pour aller vite, parce que cet article me prend la t√™te, on a tout un ensemble d'institutions qui parasitent les individus qui produisent des services et des biens. En sachant d'ailleurs qu'il peut y avoir du parasitisme r√©ciproque. Un dirigeant est par d√©finition un parasite qui impose son contr√īle √† un groupe de travailleurs et en profite pour leur soutirer des ressources. Il en va de m√™me de la plupart des professions dites intellectuelles. Mais je soulignerai ici qu'elles ont plusieurs techniques pour parasiter leur h√īte.

Recourir au pr√©l√®vement obligatoire, via l'√Čtat. Parasiter une organisation (associations, entreprises, etc.). Dans ce cas l√†, les ressources sont puis√©es sur celles qui sont g√©n√©r√©es par les travailleurs. Vendre des biens culturels qu'ils ont produit ‚Äď ou pomp√© √† droite √† gauche. Manipuler une foule pour la diriger. C'est le cas des gourous dans les sectes.

Les sectes et l'√Čtat sont probablement les formes de parasitisme les plus contestables. Parce qu'on se doute bien que les parasites intellectuels, en utilisant l'√Čtat, pour puiser leurs ressources, se rangent n√©cessairement, d'une mani√®re ou d'une autre, derri√®re cette institution. Je dis bien institution. Car ils peuvent √™tre en d√©saccord momentan√© avec un courant id√©ologique qui contr√īle l'institution, mais √ßa ne change rien au schmilblick. Quoi qu'il en soit, toutes ces formes de parasitisme me semblent franchement malsaines.



Posté par BenjaminGrassineau le 17-06-2015 à 15:28

Un article sur le thème : http://www.humanite.fr/michel-onfray-la-haine-des-universitaires-576715


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