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Jérémie Nestel sait-il de quoi il parle ?

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Le journal de la culture libre et du non-marchand

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Titre: Jérémie Nestel sait-il de quoi il parle ?
Auteur initial: Benjamin Grassineau
Création de l'article: 2015
Dernière modification de l'article: 27-03-2016 à 16:21
Rubrique: Le journal de la culture libre et du non-marchand
Etat de la rédaction: finalisé / Droit de rédaction: ouvert sur invitation / Licence: Licence culturelle non-marchande






Je viens de tomber sur cet article de Jérémie Nestel, Préserver les Communs : Sortir de la langue de bois !, Libre-accès, 20 octobre 2014, qui m'a un peu scotché !

Fondamentalement, je dois admettre que les défenseurs de la cause du bien commun (les gauchistes reconvertis), de la consommation collaborative (les technophiles reconvertis), et parfois certains libristes pour lesquels « le libre n'est pas gratuit » (les libertariens reconvertis), me cassent un peu les couilles.

  • Le bien commun ? J'ai un peu du mal à saisir de quoi parlent ces intellectuels parisiens qui se sont saisis de l'affaire. Ce qui est certain, c'est qu'ils ont flairé le bizness lucratif de ce concept passe-partout affublé d'un fort capital de sympathie. Pour ma part, qui dit bien commun, dit Etat, coercition, consensus forcé, pour que tout le monde soit d'accord sur ce qu'est ce « bien commun ». L'école, l'armée, la science, la justice, des biens communs ? A tous les coups ! Merveilleux concept, donc, qui permet à tous les professionnels de la culture, des services publics, et j'en passe, de sauvegarder leur citadelle soi-disant assiégée ! Alors le bien commun, moi, je n'en veux pas ! A la place, je préfère les concepts d'outil convivial ou de libre accès. Ce qui n'a rien à voir.
  • L'économie du partage, la consommation collaborative ? Il y a longtemps que je caresse l'envie d'écrire un article assassin sur l'économie sociale et solidaire ou ces fameux sites de vente en ligne qui n'ont rien de révolutionnaire. Peut-être un jour1...
  • Quant au libristes à qui on ne la fait pas... Je les vois comme les symptômes révélateurs de l'emprise des écoles d'ingénieur sur la pensée technologique en France. Des fachos. Rien de plus à rajouter.

Je pourrais approfondir ces points - allez, motivé -, mais je vais plutôt me pencher sur la pensée profonde de Jérémie Nestel. Donc, je tombe sur ce petit extrait :

Face, à la disparition des services publics, à une privatisation grandissante de tous les communs de l’humanité, aucun acte de révolte n’est proposé.

Ceux qui promeuvent « l’économie du partage », « le non marchand » soutiennent les pratiques capitalistes les plus sauvages.

La terminologie « non marchand » impose la société de marché comme légitime. Cela fragilise toute pensée alternative et inféode tous les communs au marché. A terme on remplacera le terme service public par service non marchand. Intérêt général par penser « le bien commun ».

Je reprends les différents points.

Face, à la disparition des services publics

C'est l'un des thèmes consensuels favori de la pensée eschatologique gauchiste ! Alors, sur quoi s'appuie cette loi quantitative occulte ? Comment constater et mesurer le phénomène de réduction des services publics ? Est-ce lié à la disparition de la propriété publique ? Si oui, qu'on m'en apporte la preuve ! L'augmentation du coût des services publics ? La suppression de certains services ? Mystère ! Mais peu importe ! Tout le monde est d'accord, donc inutile de se pencher sur la question !

à une privatisation grandissante de tous les communs de l’humanité

Diable ! Mais l'avenir est bien sombre ! Je crois sincèrement qu'on pourrait dire exactement l'inverse. Certains biens deviennent davantage publics - car ici tout est question de nuance ! -, au moins de fait (l'information, les open datas, la nature où il est plus facile de se procurer de la nourriture gratuitement qu'avant, etc.), d'autres se privatisent.

aucun acte de révolte n’est proposé

Non, décidément, aucun !

Ceux qui promeuvent « l’économie du partage », « le non marchand » soutiennent les pratiques capitalistes les plus sauvages.

J'aime ces propos sans nuance... Alors qui sont ceux qui promeuvent l'économie du partage ? Mystère. Le problème c'est que les deux termes sont vagues. Chacun les définit à sa sauce. Pour ce qui est des pratiques capitalistes sauvages ! De quoi parle-t-il ? De la mafia ? Des SELS qui permettent de capitaliser de la monnaie ? Des banques ? Aucune idée. Difficile donc, à partir de là, d'affirmer que les promoteurs de ce type d'économie sont bel et bien des adeptes du capitalisme sauvage ! Peut-être sont-ils massivement adeptes d'un certain libéralisme reposant sur la propriété privée et les échanges entre pairs. Mais je ne prétends pas parler au non des adeptes de l'économie du partage dont, de toute façon, je ne partage pas les thèses !

La terminologie « non marchand » impose la société de marché comme légitime.

Aïe ! La censure est proche ! Et par ricochet, la novlangue chère à Jérémie Nestel - il en parle au début de l'article ! Honnêtement, j'ai cherché, mais je ne vois pas en quoi définir un concept sociologique (non A) par opposition à un autre concept sociologique (A) impose la société décrite par A comme légitime. Il y a plusieurs hypothèses - constructivistes - dans une telle affirmation qui me semblent difficilement tenables :

  • La définition et l'utilisation d'un concept pour décrire un phénomène social le légitime. Comment ? Pourquoi ? Pas de précisions. Si je définis le concept Police pour parler de la Police (l'institution, le groupe ?), ce n'est certes peut-être pas sans conséquence sur le fonctionnement de la Police. Mais le passage du concept au processus sociologique de légitimation du concept, puis du phénomène qu'il est censé viser, est si complexe que je ne m'aventurerai pas dans cette direction. Je laisse le boulot aux bourdieusiens !
  • La négation d'un concept (non A) légitime le concept contraire (A). Oui ! Il est vrai que pour définir le complémentaire d'un ensemble, il est mieux que l'ensemble en question ne soit pas vide. Que dire de plus !

Cela fragilise toute pensée alternative et inféode tous les communs au marché.

Oui ! Décidément ! Haro sur les hérétiques qui fragilisent l'orthodoxie alternative ! Pendons-les haut et court ! Quant à l'inféodation des communs au marché. Même remarque que précédemment...

A terme on remplacera le terme service public par service non marchand. Intérêt général par penser « le bien commun »

Ouais... C'est fou comme certains scribouillards arrivent à se déconnecter complètement de la réalité. Symptôme manifeste : ils se focalisent de façon obsessionnelle sur les concepts ! Deux problèmes. 1. Qu'est-ce que ça va changer dans le fond ? Rien. La réalité restera la même ! Point ! Personnellement, je ne pense pas que le prénom influe sur le caractère... 2. Les théories qui découlent des réunionites sans fin sont à ce point déconnectées du réel qu'on omet l'essentiel : définir un concept de façon rigoureuse, en adéquation avec le réel. Seulement, pour cela, il faut plonger les mains dans le cambouis et se confronter au réel ! Or, cela signifie : plus de réunionites où l'on bavasse sans fin sur des choses inexistantes et sur la signification profonde des concepts. Dur !

Et je termine sur cette prophétie digne d'un astrologue :

La défense de « l’intérêt général » vis à vis des « intérêts particuliers » disparaitra le jour où l’on évoquera « les services non marchands numériques » pour parler d’instruction et d’accès à la culture.

Sans commentaire !

 

1 C'est chose faite.




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