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Structure du coût dans les activités non-marchandes

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Le journal de la culture libre et du non-marchand

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Journal des gratiférias / Journal de la culture libre et du non-marchand / Revue de sociologie lo-fi

Titre: Structure du coût dans les activités non-marchandes
Auteur initial: Benjamin Grassineau
Création de l'article: 2013
Dernière modification de l'article: 14-02-2016 à 22:12
Rubrique: Le journal de la culture libre et du non-marchand
Etat de la rédaction: en cours de rédaction / Droit de rédaction: ouvert sur invitation / Licence: Licence culturelle non-marchande






Un argument fréquemment avancé pour démontrer la non-faisabilité de l'échange non-marchand est qu'il génère des "coûts" qui ne sont pas compensés par la contre-partie inhérente à l'échange marchand.

Il y a plusieurs réponses possibles à cette argumentation. Je les examine brièvement, avant d'en approfondir une en particulier.

Aperçu des contre-arguments les plus courants.

On peut classer les contre-arguments en trois types. Ceux qui portent sur la nature de la contre-partie, ceux qui portent sur le lien entre l'action, les coûts et la contre-partie, et ceux qui portent sur le coût lui-même.

Contre-arguments relatifs à la nature de la contre-partie.

Il y en a deux qui me paraissent fondamentaux.

La symétrie de l'échange.

Le premier est que l'échange non-marchand génère intrinsèquement, à la fois des coûts et des bénéfices - parfois reportés dans le temps - qui compensent les premiers. De plus, il en génère chez les différents échangeurs - chez les uns et chez les autres1.

Par exemple, héberger quelqu'un me procure simultanément des bénéfices (plaisir d'accueillir, rencontre) et des coûts liés à l'hébergement.

De même, donner un objet peut me procurer des "bénéfices". Examinons-en quelques-uns.

  • Le plaisir d'offrir.
  • La possibilité de me débarasser d'un objet
  • Le plaisir "d'acheter pour une bonne raison" (dans certains cas).
  • La possibilité de rendre captive la personne. Il y a plusieurs cas de figure.
    • Je peux espérer qu'elle se sentira redevable. J'anticipe donc un gain en retour.
    • L'usage de l'objet peut créer une addiction physique ou psychologique à l'objet ou à un autre objet. Ce qui laisse supposer des bénéfices ultérieurs si je vends par la suite ces objets.
    • L'usage de l'objet peut nécessiter l'usage d'un autre objet vendu (cas d'objets interdépendants).
    • L'usage de l'objet peut favoriser l'usage d'un autre objet vendu (cas d'actions causalement liées).
    • L'usage de l'objet peut en lui-même m'apporter un gain. Par exemple, s'il permet de véhiculer des idées auxquelles je suis favorable. L'exemple le plus évident est le livre ayant un contenu religieux, politique, scientifique, mais on peut étendre le phénomène, dans une dimension plus globale, à l'usage de ressources ayant une composante culturelle forte (en particulier dans le processus d'acculturation). Typiquement, le don d'objets scolaires, d'aide au logement, etc. véhicule une adhésion implicite à certains objets dont l'usage se rattache à un certain mode de vie, à une certaine orientation de l'action.
    • L'usage de l'objet peut s'intégrer dans une offre gratuite de service dont je tire un bénéfice indirect. Typiquement, il peut s'agir d'une formation, d'un apprentissage...
    • Le don d'objet peut s'accompagner d'un prosélytisme relatif à l'usage de l'objet en question. Je pense ici au logiciel libre. Mais, l'expérience m'a montré que des objets auxquels je ne m'y attendais pas peuvent faire l'objet d'un tel prosélytisme. Par exemple, le lave-vaisselle produit industriellement versus le lave-vaisselle produit soi-même ! Le problème, plus généralement, est qu'un objet, et ses différents usages, s'intègre dans un champ idéologique plus vaste. Par exemple, une idéologie environnementale, une idéologie du progrès technique, etc.
  • Le don d'objet peut marquer la position sociale et s'inscrire ainsi dans un jeu plus global de domination sociale. C'est à mon avis significatif dans le cadre du "don charitable ou social", dont plusieurs aspects sont signifactifs :
    • C'est un échange qui repose sur une différence statutaire marquée entre le donneur et le receveur.
    • C'est un échange sans réciprocité. Une personne donne à une autre qui refuse un autre don, ou qui refuse l'idée même qu'elle tire bénéfice de ce don. Le don se doit d'être désintéressé, altruiste.
    • C'est un don discriminant. Le receveur doit remplir certains critères de pauvreté.
    • C'est souvent un don sous condition. L'usage de l'objet ou le don sont faits, mais cela impose des conditions pour le donneur.
    • Il y a une inégalité de statut social ou de richesse entre le donneur et le receveur.
    • C'est généralement le donneur qui propose l'échange. Il ne répond pas, le plus souvent, à une demande, il propose une offre, qui a trois propriétés fondamentales :
      • Elle est censée améliorer la situation du receveur, de l'orienter vers un idéal social (ou autre).
      • Elle appose sur le receveur la marque d'un besoin, d'un manque (la demande qui est censée être la sienne) qu'il faut combler.
      • Elle impose les moyens d'une résolution de ce besoin, de ce manque, qui est en lien avec l'idéal social suivi, avec la conception du bien qui est celle du donneur. Par exemple, le receveur devra se battre pour un logement "en dur" et non pour un logement mobile.

Tous ces gains compensent les coûts liés au transfert de propriété de l'objet, c'est à dire, les coûts liés à la réalisation de l'échange (déplacements notamment), les coûts liés au transfert de richesse, les coûts liés au transfert.

Les bénéfices indirects.

L'échange non-marchand génère des bénéfices indirects liés à la mutualisation.

Par exemple, les coûts que je subis en recevant sont compensés par les bénéfices potentiels que je peux tirer d'un service d'hébergement proposé par le réseau d'hospitalité.

Relation entre action et coûts.

Le lien entre une action et ses effets, ce qui constitue la contre-partie, est complexe et relatif.

Il y a au moins trois raisons :

  • Le lien de causalité objectif entre une action et les effets qu'elle induit, ou entre les ressources engagées et l'action qui peut être difficile à observer ou qui peut être complexe. Par exemple, une même ressource peut être utilisée à différentes fins.
  • La causalité objective est perçue différemment par les personnes engagées dans un échange.
  • La causalité subjective (la représentation subjective de ce qui cause le phénomène) peut différer de la causalité objective.

La conception et l'existence du coût.

  • Le coût peut être dérisoire.
  • Dans quelle mesure l'effet d'une action ou les ressources engagées pour sa réalisation peuvent-elles être classées comme coût ou bénéfice ? Ce qui est coût pour certains est plaisir ou bénéfice, pour d'autres.
  • Il faut prendre en compte la diversité des coûts et de leur évaluation : coûts psychologiques, énergétiques, économiques, sociaux, etc.
  • Il faut tenir compte du coût social et du coût global d'une action. Notamment, il faut tenir compte de l'énergie grise, et des nombreux coûts superflus qui alourdissent le bilan global de l'échange marchand.
  • Les coûts dépendent de la modalité d'échange, en particulier au niveau de leur perception. Certains coûts sont absents des échanges non-marchands et présents dans les échanges marchands.
  • Il faut tenir compte de la structure des coûts dans l'échange marchand.

Structure des coûts En réalisant un échange, quelque soit la modalité d'échange que j'ai choisie (ou non), ou qui a été collectivement choisie (ou non) par les échangeurs, ou par l'entremise d'un tiers, je supporte des coûts. Comme nous venons de le voir, la diversité de ces coûts est très variable. Toutefois, l'ensemble des coûts supportés dans un échange possède une certaine structure.

Répartition des coûts et réseaux non-marchands.




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