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L’argent et ses circulations

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Le journal de la culture libre et du non-marchand

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Titre: L’argent et ses circulations
Auteur initial: Laure
Création de l'article: 04-07-2016 17:41
Dernière modification de l'article: 04-07-2016 17:41
Rubrique: Le journal de la culture libre et du non-marchand
Etat de la rédaction: finalisé / Droit de rédaction: / Licence: Licence culturelle non-marchande






L’Argent-perte/gain

Il peut être vu comme un remboursement ou une avance sur un temps de vie et une expertise passée à une action donnée (travail rémunéré ou changement de propriété pour un bien acquis, supposé représenter également un temps de vie et une expertise déjà « matérialisée »).

Le donneur d’argent considère qu’il achète le temps et l’expertise d’une personne à son profit et qu’il doit par conséquent « dédommager » le fournisseur du service rendu.

L’évaluation de la « dette » contractée est une « note » qui tient compte des sentiments de « richesse perdue » par le fournisseur et de « richesse gagnée » par le client.

Elle résulte d’un accord ou d’un rapport de force basé sur les lois du marché ou sur une évaluation plus interindividuelle, comme dans les Systèmes d’échange Local ou les sphères des « grosses négociations ».

Il parle d’une relation où le temps de vie de l’autre et le sien sont mutuellement et alternativement aliénables, de manière plus ou moins agréable : je travaille pour toi, tu travailles pour moi. Ou je fais travailler pour toi et tu fais travailler pour moi…

Et ce travail s’accompagne du sentiment qu’il est normal de ne pas se sentir très à l’aise, d’être au moins un peu stressé. Le temps de vie passé en contrepartie d’argent ne nous appartient pas tout à fait : on est en train de le vendre, et la vente se justifiant par le sentiment de richesse perdue occasionnée, il faut que ce sentiment de perte prenne corps dans une forme de d’inconfort.

Si je n’ai pas le sentiment de perdre quoi que ce soit et de « souffrir » de celui-ci et que je reçois de l’argent, il ne s’agit pas de contrepartie et, soit je considère que l’action est gratuite, qu’elle s’équilibre instantanément ce qui annule la vente, soit je laisse croire à l’autre qu’il me doit quelque chose et c’est du vol, soit, le cas échéant, j’accepte l’argent comme un don en informant le bénéficiaire de l’absence de dette ressentie.

Je suis responsable de mes actes et les autres aussi. Les relations nourries par l’argent perte /gain sont perçue comme normales, désirables et morales. Je considère pour ma part, comme je viens de le montrer, qu’elles sont l’expression de relations de domination/soumission qui entretiennent une société de consommation de soi et de l’autre dans une atmosphère propice au mal-être. Je ne trouve rien de désirable ni de moral à ça et je regrette qu’elles soient si répandues qu’elles paraissent normales.

Je considère qu’il est de ma responsabilité de nourrir avec moi-même et les autres des relations qui ne considèrent pas mon temps de vie ni celui de l’autre comme vendable. Je ne veux pas considérer la vie comme une marchandise. Je n’ai pas de droit sur elle. Elle ne m’appartient pas.

Je refuse ainsi de penser que j’ai à rembourser le temps de vie de l’autre. Si l’autre a choisi délibérément d’aliéner son temps, ce n’est pas de mon ressort et inversement.

Je refuse également de vendre mon temps, de lui donner le sens qu’un autre lui impose sous prétexte qu’il va me le rembourser par une somme d’argent, c'est-à-dire par la promesse que plus tard, je pourrai acheter le temps d’un autre en compensation de la perte du mien.

Je vois que le sens de mes agissements n’est pas à recevoir d’un autre, mais à sentir par moi-même.

B Argent transitionnel

L’argent peut faire partie de cette dynamique de compréhension. Il perd alors son pouvoir aliénant et marque une autre forme de relation à l’autre. Je ne suis pas « en affaire » avec l’autre, à chercher à maximiser mon profit (libéralisme ?) ou à équilibrer les profits réciproques (économie sociale et solidaire), mais le transfert d’argent vient du sentiment d’être relié à l’autre.

Le transfert d’argent peut être motivé par l’amour que l’on ressent pour une ou des personnes (comme un cadeau) ou par le sentiment de partager un but commun (encouragement). Il ne s’accompagne pas alors de sentiment de perte, mais au contraire du sentiment qu’il n’y a pas de perdant et que « l’union fait la force ».

L’évaluation du montant de la somme d’argent donnée dans ce contexte est personnelle. Ce n’est pas le produit d’une négociation. Elle dépend de la somme d’argent dont on est dépositaire, de l’élan de générosité qu’on ressent, de notre rapport à l’argent et de l’équilibre financier dans lequel on est dans nos rapports marchands (loyer, crédit, budget alimentaire etc.).

L’argent ainsi donné correspond, dans le contexte d’une société marchande, à la volonté de laisser libre l’autre de ses choix puisqu’il ne s’accompagne pas de l’obligation de le dépenser d’une manière ou d’une autre. En effet, l’argent est un « chose virtuelle » qui correspond à l’accomplissement d’un désir dans le futur. Il révèle son utilité lorsqu’il est dépensé. On peut le voir comme une promesse d’aide à l’accomplissement d’une action future. D’ailleurs, l’envie d’en thésauriser résonne avec une peur (souvent fondées puisque largement partagée) de ne pas être aidé dans le futur.

Donner et recevoir de l’argent de cette manière, c’est offrir et accepter de l’argent sans remboursement ni esprit de retour et ça n’a de sens que parce que l’argent perte/gain existe. C'est-à-dire tant qu’il y a un nombre prépondérant de personnes qui ne veulent se défaire de leurs choses, conseils, compétences qu’en échange d’autre chose, tant qu’il y a des personnes qui se perçoivent en compétition les uns avec les autres.

Cette forme de circulation de l’argent est une forme transitionnelle dans le sens où elle a vocation à permettre de s’affranchir de la nécessité de vendre son temps pour survivre. Il peut ainsi permettre la constitution de circuits de relation, d’alimentation, d’habitat et d’énergie libres du rapport d’aliénation mutuelle.

Dans cette optique, l’argent est au service de la relation. Ce n’est pas la relation qui est au service de l’argent. La circulation des biens et des services est une conséquence des tissages relationnels contrairement à ce qui se passe par exemple, pour caricaturer, entre une caissière et un client où la relation est tellement anecdotique que les robots commencent à remplacer les premières.

Ainsi, pour chaque situation de rencontre entre des personnes dont les besoins peuvent se rencontrer, il est important de prendre le temps nécessaire à la reconnaissance des besoins mutuels pour déterminer si l’échange monétaire est ce qu’il y a de plus enrichissant à faire, ou s’il s’avère que d’autres liens non monétaires rendent la rencontre plus intéressante.

L’argent peut en effet appauvrir ou enrichir selon la façon dont on l’utilise.

Ces deux formes, ou plutôt quatre puisque les donneurs d’une forme peuvent rencontrer les receveurs d’une autre, s’accommodent pour les premières plutôt des structures marchandes, pour les deuxièmes plutôt des formes de don et de prix libre.

Mais il est possible de choisir de faire un don à un marchand qui a le sentiment de vendre, ou que l’argent demandé sous forme de don soit perçu comme une dette à acquitter …




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