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Le web libre et les réseaux sociaux propriétaires font-ils bon ménage ?

La revue de sociologie lo-fi

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Titre: Le web libre et les réseaux sociaux propriétaires font-ils bon ménage ?
Auteur initial: Benjamin Grassineau
Création de l'article: 2013
Dernière modification de l'article: 16-05-2016 à 10:47
Rubrique: La revue de sociologie lo-fi
Etat de la rédaction: finalisé / Droit de rédaction: ouvert / Licence: Licence culturelle non-marchande






J'ai pu observer, depuis quelques temps, que de nombreuses initiatives non-marchandes s'organisent ou prennent naissance sur Facebook (ou sur d'autres réseaux sociaux propriétaires, genre myspace).

Je trouve cette tendance très pénible pour trois raisons.

  • D'abord cela favorise une privatisation des outils qui sont n√©cessaires √† la r√©alisation de l'action collective. Car pour communiquer, pour participer, j'ai besoin de me connecter √† Facebook. Or, si je n'en ai pas envie ? Comment je fais ? Pr√©cis√©ment, je n'en ai pas envie. Et je crois que mon choix est justifi√©, car il y a de bonnes raisons de ne pas le vouloir... Dont une en particulier, c'est qu'il existe un outil √† peu pr√®s similaire √† Facebook, mais ouvert et libre, c'est Internet...
  • Ensuite, je suis un peu stup√©fait par le manque de communication et d'int√©r√™t pour le monde hors Facebook des personnes qui y √©voluent. Elles semblent anim√©es d'une forme d'autisme collectif assez malsain. Je lis souvent, par exemple, que les gratif√©rias sont une invention tr√®s r√©cente (2010)! Que dire, alors, de toutes ces zones de gratuit√© qui existent depuis le d√©but des ann√©es 2000 ? Mais peu importe les faits. On le dit sur Facebook, donc on le croit. Ce qui est curieux, c'est que toute information qui n'est pas interne au r√©seau social, semble inexistante... Un peu comme dans les r√©seaux de chercheurs...
  • Enfin, il n'y a absolument aucune r√©flexion sur les outils utilis√©s, sur l'usage qui est fait des contributions et sur l'usage de contributions ext√©rieures. On pille sans m√™me citer. A quoi bon !

Tout cela pour dire qu'avec Facebook, on tombe dans le niveau z√©ro de la r√©flexion. Tout a l'air g√©nial, alors que tout est banal... Et puis √† quoi bon se documenter, r√©fl√©chir, quand c'est si simple de balancer un texte pioch√© √† droite √† gauche sur un mur... Les id√©es sont appauvries et compl√®tement isol√©es de leur contexte dans une sorte de glorification mythique du "mouvement". Prenons les incroyables comestibles, l'id√©e et le mouvement seraient partis d'un village d'Angleterre, puis auraient √©t√© propuls√©s par la gr√Ęce des r√©seaux sociaux... Mythe bien ingrat, car depuis des ann√©es, des militants tentent de d√©velopper les jardins partag√©s. Et que dire des indign√©s...

Tout cela ressemble bien à une forme d'autisme collectif. On agit dans le réel, non plus pour des besoins réels, et en fonction d'une situation réelle, mais pour des valeurs, des incitations, qui sont sécrétées par les réseaux sociaux eux-mêmes.

Cela-dit, je n'ai rien, en soi, contre les r√©seaux sociaux. A condition qu'ils se cantonnent √† des r√©cits de vie, √† des amiti√©s, ou pourquoi pas √† des relations professionnelles ! Qu'un r√©seau priv√© permette √† des professionnels de communiquer entre eux, o√Ļ est le probl√®me ? En revanche, d√®s qu'il s'agit d'initier des actions communes militantes, mieux vaut y r√©fl√©chir √† deux fois... Agir via Facebook, c'est enrichir Facebook. Or, est-ce n√©cessaire ? Absolument pas. Car Facebook ne fait pas grand chose de plus que ce que fait le Web libre, la toile. Sauf qu'il le fait de mani√®re mercantile et ferm√©e.

Sur le sujet: Avons-nous perdu le Web que nous aimons ?

Catégories: Culture libre




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