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Les échanges conviviaux

Titre: Les échanges conviviaux
Auteur initial: Contributeurs
Création de l'article: 28-05-2013
Etat de la rédaction: en cours de rédaction / Droit de rédaction: non éditable / Licence:



La notion d'échange non marchand englobe de nombreuses formes d'échanges. Elle est utilisée, par exemple, pour décrire des rapports qui s'établissent entre un contribuable et les pouvoirs publics, des formes de servage1, des rapports entre une association caritative et le bénéficiaire d'une aide alimentaire, etc.

Ces configurations sont bien loin de notre idéal d'échange. Pour nous en rapprocher, nous introduisons la notion d'échange convivial.

L'échange convivial

La notion d'échange convivial étend le concept d'outil convivial dans deux sens :

  1. L'échange s'organise avec des outils conviviaux.
  2. L'échange, en lui-même, est un outil convivial.

Rappelons qu'un outil est convivial s'il n'aliène son usager, si on peut l'utiliser librement. Librement s'entend dans deux sens : il est ouvert à l'usage (libre-accès), il n'est pas contraignant à l'usage.

Il est assez facile de repérer quand un échange utilise des outils conviviaux. En revanche, il est plus difficile de définir ce qu'est un échange convivial.

Soyons donc plus précis, selon quels critères l'échange est-il convivial ? Il doit être désintermédiarisé, non-hiérarchique, ouvert, non-aliénant, non-contraint, simple à réaliser.

L'échange est désintermédiarisé

L'√©change est d√©sinterm√©diaris√© quand il se d√©roule directement entre deux personnes sans qu'un collectif, une organisation ou une personne physique oeuvrant dans un but lucratif joue un r√īle d'interm√©diaire entre les deux personnes.

La notion doit toutefois exclure les outils physiques qui sont mis √† la disposition des personnes. En effet, l'acheminement du courrier n'est pas une interm√©diarisation au sens propre du terme. Il y a seulement usage d'un outil interm√©diaire. En revanche, on peut dire qu'il y a interm√©diarisation quand l'interm√©diaire, en tant que personne physique ou morale, du fait de son r√īle d'interm√©diaire, agit sur les termes de l'√©change, et poss√®de le pouvoir d'influer sur les rencontres qui vont permettre l'√©change. Par exemple, s'il filtre le courrier et l'adresse √† qui bon lui semble.

L'échange est non hiérarchique

L'échange est dit non hiérarchique, quand il est considéré comme égalitaire par les deux parties qui échangent, quand il résulte d'une volonté commune d'échanger, quand il n'est pas inscrit dans un rapport de domination. Par exemple, le don de charité s'inscrit généralement dans un rapport de domination latent. La preuve en est que le donateur est généralement réticent à recevoir à son tour...

L'échange est ouvert.

Ce qui signifie, tout simplement, que n'importe qui peut entrer dans l'échange, ou tout au moins, dans la structure qui permet d'échanger. L'outil d'échange est ouvert (par exemple, un site est ouvert), mais de plus, il n'y a pas de fermeture statutaire, fondée sur la possession d'un capital symbolique.

L'échange est non-aliénant.

Cela signifie qu'il ne cr√©e pas de d√©pendance. Il reste sous le contr√īle des √©changeurs. Ni √† l'√©gard de l'outil ou de la ressource, ni √† l'√©gard de l'activit√© qui sous-tend l'√©change, ni √† l'√©gard de la personne qui prodigue le service √©chang√©.

L'échange est non-contraint.

Un échange convivial n'est pas contraint. Sa réalisation ne doit pas reposer, ni dans son financement, ni dans sa mise en oeuvre concrète, sur une obligation explicite (coercition, menaces, promesses), ou une obligation implicite (obligation morale par exemple).

L'échange est simple à réaliser.

Les techniques propres à l'échange (par exemple, celles qui concernent la mise en relation, les contrats) sont simples (non-complexes). Il est facile d'échanger pourvu qu'on souhaite le faire.

L'échange convivial et l'échange non-marchand

L'échange convivial et non-marchand

Dans cette perspective, l'échange convivial et non-marchand est un idéal de pratique. On pourrait dire qu'il l'est selon deux significations :

  • Pratique id√©ale. L'action est orient√©e dans un sens d√©sir√©. La d√©finir a donc un aspect normatif. Et c'est voulu.
  • Id√©al li√© √† cette pratique. En choisissant ou en d√©fendant ces pratiques, on peut d√©fendre la r√©alisation d'un id√©al social. Il s'agit alors de mettre en √©vidence les liens th√©oriques ou empiriques entre la pratique id√©ale et l'id√©al social.

L'échange non-marchand et l'échange convivial

Il reste enfin à s'interroger sur les liens entre échanges non-marchands et échanges conviviaux.

L'échange non-marchand facilite-t-il les échanges conviviaux ? C'est l'objet de cet article?.

On notera pour finir qu'un échange convival n'est pas forcément non-marchand. On a ainsi quatre situations posssibles :

Tableau des types d'échanges

 MarchandNon-marchand
Non-convivialEchange dans la société industrielServices publics d'Etat, organisations caritatives
ConvivialAMAP, Economie Sociale et SolidaireRéseaux d'échanges non-marchands (réseaux d'hospitalité, réseau pair à pair, etc.)
 

1 Lorsqu'une personne A en contraint une autre (B) a agir, il n'y a pas de contre-partie. A ne donne rien, mais reçoit en retour.



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