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Manifeste pour la multiplication d'espaces de libération culturelle.

Le journal de la culture libre et du non-marchand

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Titre: Manifeste pour la multiplication d'espaces de libération culturelle.
Auteur initial: Benjamin Grassineau
Création de l'article: 04-01-2020 12:10
Dernière modification de l'article: 24-01-2020 à 13:27
Rubrique: Le journal de la culture libre et du non-marchand
Etat de la rédaction: finalisé / Droit de rédaction: ouvert / Licence: Licence culturelle non-marchande






On peut définir un LocaLibre comme un espace de gratuité ouvert destiné à des échanges libres et non-conditionnels de savoirs et de biens culturels.

Pourquoi est-il si important de proposer des activités et de venir y participer, même si vous n’avez pas le temps ou autre chose à faire... ?

Tout d'abord, pour une raison pratique. Le don de savoirs et de savoir-faire dans la sphère réelle nécessite une synchronicité pour être pleinement satisfaisant et effectif. Dans le cas contraire, il s'agit ni plus ni moins d'un monologue qui ne permet pas à celui qui apporte un savoir, de bénéficier d'une écoute ! Il faut donc tout autant donner son écoute que son savoir.

Au delà de cette considération, l’objectif poursuivi dans le localibre est double.

En premier lieu, nous voulons répandre le virus de l’auto-production en diffusant des savoirs qui permettent de créer et de produire par nous-même ce dont nous avons besoin pour nous libérer de l’emprise de la consommation, de l’achat et des institutions avilissantes qui nous assignent à des places prédéterminées et nous rendent dépendants de leurs services. Se réapproprier des savoirs, des savoir-faire, des pratiques qui nous ont été confisquées par les marchands de tous bords, par l’École, la médecine, par les universités, les organismes de certification, et toute cette armée de spécialistes, est indispensable pour construire une économie du futur où nous pourrons vivre librement loin de leurs actions auto-proclamées bienveillantes ! Alors « sus à l’achat », « sus à la consommation obligatoire ! ». Réapproprions-nous les outils qui nous permettent d’agir directement sur notre environnement !

Mais ce n’est pas tout.

La réappropriation de la culture nécessite aussi sa libération. Et il ne s’agit pas seulement de lutter contre la culture capitaliste. Nous voulons d’abord et avant tout la libérer de l’emprise des professionnels et des marchands de culture qui font de nous de simples consommateurs des produits formatés – ou soi-disant « originaux » et « artisanaux » – qu’ils fabriquent et/ou redistribuent moyennant paiement, ou qu’ils nous vendent indirectement de force en captant notre argent via l’impôt. Formations onéreuses, stages, concerts payants, artistes des galeries, médiathèques municipales, conférences subventionnées…, tous ces éléments de la culture se fondent sur une même logique : inventer une pénurie imaginaire et nous faire croire que la musique, l’art, la pensée universitaire, la culture de l’élite, sont des denrées rares et chères, des biens de consommation indispensables à notre bien-être, dont seuls des spécialistes seraient à même de maîtriser la production et la diffusion ! Il faut se libérer de cette « culture pyramidale de la culture » qui nous happe dans ses filets en brandissant l’épouvantail menaçant du « manque culturel imaginaire », et qui élève sur un piédestal des conférenciers labellisés France Culture, ou qui, dans une optique pseudo-marxiste, tente de nous faire avaler de force la culture matérialiste estampillée du sceau de la Vérité par les scientifiques de métiers.

Le LocaLibre n’a donc pas pour but de construire un énième temple dédié aux prêtres du savoir (professeurs et autres spécialistes) pour qu’ils puissent répandre la bonne parole aux ouailles incultes que nous sommes ! Le but n’est pas d’accéder à la Vérité ou de nous conscientiser ! Il n’est pas de proposer des ateliers d’éducation populaire. Personne ne manque d’éducation ! Et nul ne peut légitimement s’arroger le droit d’éduquer quelqu’un sans son consentement ! Nous proposons mieux ! Nous proposons un espace de libération de la culture, un lieu où peuvent s’initier des « réseaux du savoir » au sens d’Illich, où chacun.e est apprenant.e dans tous les sens du terme (c’est en apprenant qu’on apprend), où chacun.e peut venir proposer et acquérir librement des informations, des savoirs, des savoir-faire, une écoute, selon des modalités qu’il juge utiles et selon des façons de communiquer qui lui paraissent pertinentes et adéquates.

Il existe en France très peu de lieux de ce type1. Dans les temples de la culture, on doit toujours montrer patte blanche, soit pour la consommer, soit pour la diffuser. On doit toujours prouver que les savoirs que l’on compte retransmettre ou acquérir sont ou seront maîtrisés et destinés à enrichir une cause quelconque. Un LocaLibre est différent. Vous pouvez y amener tout ce qui vous chante, tant que cela reste dans la légalité. Alors profitez-en ! Saisissez-vous en ! Venez aux activités, aux ateliers. Venez converser, échanger, communiquer vos savoirs. Vous aussi pouvez prendre, donner, construire et co-construire des savoirs librement et sans filtre. Lancez-vous !




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Commentaires (1):


Posté par AlexandreMaesAlbert le 15-01-2020 à 22:28

Bonjour Benjamin. Je viens régulièrement sur ce site pour y voir les nouvelles et c'est toujours très intéressant. J'aurais aimé pouvoir échanger avec toi sur pas mal de sujets, comme tu as l'air d'avoir dégrossi pas mal de choses, et je t'en suis très reconnaissant, car par le biais de ce site, je peux découvrir pas mal de liens externes, groupes, organisations, sites web, etc. en plus de tes travaux de réflexions qui traitent de ce sujet que je commence à incarner, le libre accès. J'aurais bien voulu échanger avec toi plus en détail sur ce qui se fait déjà, si tu as connaissance de ce qui bouge en ce moment, où ça bouge, des réseaux dont je n'aurais pas connaissance, ou inversement, dont tu n'aurais pas connaissance et que je pourrais t'apporter. J'ai essayé de trouver une adresse mail, mais sans succès. Comment faire ? Au plaisir d'échanger. Alexandre


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