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La foire bio de Couiza, un évènement convivial ?

Le journal des gratiférias

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Titre: La foire bio de Couiza, un évènement convivial ?
Auteur initial: Benjamin Grassineau
Création de l'article: 2013
Dernière modification de l'article: 14-02-2016 à 22:24
Rubrique: Le journal des gratiférias
Etat de la rédaction: finalisé / Droit de rédaction: non éditable / Licence: Licence culturelle non-marchande






Un espace non-marchand a été intégré à la foire bio de Couiza de 2013. Une amie qui m'avait contacté pour y participer a réussi à me traîner dans une réunion pour que je rencontre les organisateurs de la foire. Une bonne idée, à priori ! Seulement, j'ignorais l'objectif de cette réunion : sélectionner les bons candidats pour la foire bio... Autrement dit, éliminer les brebis galeuses !!

Alors, ça a été un vrai calvaire ! Non seulement, ça a duré des heures, mais en plus, l'esprit de cette réunion... Je ne préfère même pas en parler ! De la réunionite pathologique !

Après coup, j'ai donc décidé de ne plus y aller, et d'envoyer une réponse un peu argumentée pour expliquer mon revirement. Mais finalement, pour diverses raisons, j'ai renoncé à envoyer le mail.

En revanche, je n'ai pas renoncé à ne pas y aller (et à ne plus y aller) ! Et je m'en porte bien. Comme la réponse que j'ai faite à la chargée de projet (ou un truc comme ça) comporte des points intéressants, je la recopie ici.

Bonjour,

j'ai bien réfléchi et en définitive, je ne vais pas participer à la foire bio.

Désolé pour ce revirement subit. Mais il a au moins l'avantage d'être rapide !

En quelques mots, les explications (tu peux les transmettre au CA si tu le souhaites) :

  • La foire bio est un évènement fortement orienté vers la promotion et la mise en pratique d'une économie marchande, professionnelle et intermédiée. Or, je propose et promeut justement une alternative à cette forme d'économie. C'est à ce titre que nous avons créé la maison non-marchande de Puivert qui s'inscrit dans le projet plus global de l'association pour les échanges non-marchands et la culture libre que je dirige. Par conséquent, la participation de l'association pose deux problèmes distincts:
    • elle va contre l'orientation idéologique de l'évènement ; ce qui est gênant, autant pour l'association ANOMALI que pour l'association Nature et Progrès,
    • elle risque de favoriser la marchandisation d'une pratique non-marchande ; ce qui est contraire à la finalité de l'association ANOMALI ; dans l'hypothèse que l'espace non-marchand, tel qu'il est conçu, ne serve au final que de publicité, "d'appel" ou de "non-market-washing", au profit des activités marchandes de la foire et de l'association Nature et Progrès.
  • La place qui est occupée par les activités non-marchandes et la culture libre, dans la fédération Nature et Progrès et dans la foire bio, est anecdotique, voire marginale. Or, elle devrait selon moi occuper une place centrale, dans la mesure où elle constitue la seule alternative solide, durable et cohérente permettant la réappropriation des outils de production, de distribution et de consommation de produits alimentaires. Condition nécessaire pour faire face aux désordres économiques et écologiques auxquels nous faisons face actuellement.
  • Je ne partage pas les valeurs et les pratiques de Nature et Progrès, qui sont fondées sur l'exclusion et la sélection. La normalisation et l'intégration de ces pratiques et de ces valeurs par les membres de Nature et Progrès se voit notamment dans les procédures utilisées pour l'allocation des labels ou la sélection des exposants à la foire. Je milite à l'inverse pour des systèmes d'évaluation ouverts, fondés sur la libre adhésion, association, le dialogue et la co-construction, et non sur l'exclusion.
  • Je suis contre le prix libre (les raisons sont exposées ici).
  • L'espace de gratuité ne bénéficie pas d'une autonomie de principe. Or, c'est un minimum, car rien ne nous empêche de faire des actions de sensibilisation à l'économie non-marchande en dehors du cadre institutionnel de la manifestation (caddie gratuit, ateliers diy pour proposer des alternatives aux produits vendus, directement devant les commerces).

Pour toutes ces raisons, je ne souhaite pas participer à cet évènement, ni à l'intérieur d'une table ronde, ni en tant que conférencier (en ma qualité de sociologue), ni en tant que bénévole. Dans le cas contraire, j'aurais l'impression, soit de faire du "non-market-washing", soit de participer à un évènement dont je ne partage ni les finalités ni les méthodes, soit de me mettre en contradiction avec les principes d'égalité dans l'accès aux outils de diffusion de l'information auxquels je souscris (cas des conférences).

Je suis ouvert à une participation ultérieure, à condition, toutefois, que la foire soit réellement orientée, idéologiquement et pratiquement, vers la promotion et le développement d'une économie agraire non-marchande et conviviale.

Amicalement




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