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Réponse à Sabine Grandadam pour une demande d'informations par mail

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Le journal de la culture libre et du non-marchand

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Titre: Réponse à Sabine Grandadam pour une demande d'informations par mail
Auteur initial: Benjamin Grassineau
Création de l'article: 2012
Dernière modification de l'article: 14-02-2016 à 22:24
Rubrique: Le journal de la culture libre et du non-marchand
Etat de la rédaction: finalisé / Droit de rédaction: ouvert sur invitation / Licence: Licence culturelle non-marchande






Je relate ici une réponse que j'ai faite à Sabine Grandadam, journaliste, suite à une demande d'informations par courriel concernant les activités de l'association Anomali.

1ère réponse

Bonjour, c'est avec plaisir que nous vous répondrons, mais pouvez-vous nous préciser la destination de l'article (s'il y en a une de prévue) ainsi que ses conditions de diffusion. Bien à vous. :-) Benjamin.

2ème réponse

Suite à une demande de précision de sa part.

Pour ce qui est des conditions, je souhaiterais savoir si les licences de diffusion des textes sont libres (ou ouvertes) et si l'article peut ensuite être librement consulté.

L'idée est :

  • de faire en sorte que les moyens utilisés pour diffuser les idées de l'association soient en adéquation avec ses finalités,
  • de savoir ce qu'il adviendra de ma contribution à l'article, via la remontée d'informations (c'est tout le problème du journalisme citoyen ou de la science citoyenne...),
  • de ne pas négliger des "petites actions" qui ont l'air anodines, comme répondre à un entretien (tout peut faire l'objet d'une démarchandisation, ou inversement d'une marchandisation !!),
  • d'éviter de conférer un droit d'exclusivité à Minute sans l'avoir voulu (c'est pour cette raison que je vous interrogeais sur la destination de l'article, bien qu'évidemment, je n'assimile pas La Vie à Minute) !!!

Donc, je veux bien répondre à un entretien si j'ai la garantie qu'une version de l'article pourra ensuite être diffusée sur le laboratoire des échanges non marchands et de la culture libre sous une licence libre, ou une licence proche.

Amicalement

3e réponse

Je ne vois pas comment le titre que vous évoquez pourrait s'intéresser à un collectif comme le vôtre, enfin, tout est possible...

Malheureusement, ce n'est pas impossible !

La culture libre et le discours politique qui l'accompagne ont des racines libertariennes (un des plus célèbres "libriste" libertarien, à cet égard, est Eric Raymond). Et nombreux sont les libristes qui te diront que leur "discours politique" n'est ni de droite ni de gauche. D'où des récupérations assez surprenantes. Alain Madelin, par exemple, est notoirement défendeur de la culture libre et non marchande. Tu peux lire dans l'article "nous allons vers une économie non-marchande". Dans le genre, tu as aussi les fameux articles de Lerner et Tirole.

Certes, il est bien difficile, à mon sens, de croiser néo-conservatisme et libertarianisme, mais les idéologues américains l'ont bien fait, et sans scrupule (cf. Sarah Palin et surtout Hans-Hermann Hoppe !). Alors, de là à ce que ça arrive en France, pourquoi pas... Qui plus est, maintenant que l'intelligentsia parisienne s'est emparée de ces thématiques, tout est possible ! Un collègue à moi de Centrale Lille avait fait sa thèse sur l'Open Source dans le management. Pour moi, ça n'a rien à voir... Mais pour les chantres de l'économie collaborative, pour ne prendre qu'un exemple..., ça risque de couler de source...

Pour ce qui est de l'économie non-marchande, suivant la façon dont on la définit, on peut très bien considérer qu'elle nécessite l'intervention de l'Etat. Dans ce cas, elle s'insère parfaitement dans un discours étatiste qui peut facilement glisser - du moins c'est mon point de vue - vers un discours nationaliste.

Alors, que les partis nationalistes s'emparent du sujet, c'est tout à fait possible. Car il y a deux conséquences opposées au développement des alternatives non-marchandes.

  1. Il entre en concurrence avec l'économie marchande,
  2. Il allège la charge de l'Etat en déportant ses activités sur la participation citoyenne (cf. le "nouveau" concept de voisins vigilants !).

Pour ce qui est du premier point, ça entre à priori en contradiction avec les intérêts de l'électorat de base des partis nationalistes (ouvriers, employés, petits commerçants), car ce n'est pas bon pour leurs affaires, et c'est contraire à l'idéologie du travail sur laquelle ils fondent leurs activités (et leur vie en général !), idéologie qui est partagée, au passage, par la grande majorité des chrétiens.

Néanmoins, les grandes entreprises ne voient pas la chose du même oeil. Cela, je pense, pour deux raisons :

  • La première est que le contexte idéologique des décideurs est sûrement plus ouvert (on y parle volontiers de management participatif, de revenu de base, etc.) et actuellement influencé par la culture libre, véhiculée par l'informatique libre (comme vu plus haut).
  • La deuxième est qu'il y a un intérêt économique évident pour les entreprises à puiser dans la mine d'or que constitue l'engagement volontaire. C'est le principe même qui prévaut dans l'Open Source.

Dès lors, si le monde de la grande entreprise est touché par les concepts du libre et de l'économie non-marchande, cela déteindra très probablement sur celui de la petite entreprise. Et les partis nationalistes ne tarderont pas, à ce moment, à récupérer la thématique.

Pour ce qui est du deuxième point, il me fait personnellement froid dans le dos ! Un Etat qui fait participer activement ses concitoyens à ses activités n'est rien d'autre... qu'un Etat totalitaire... J'approfondis cette idée dans cet article, si jamais le thème t'intéresse. Quoi qu'il en soit, le thème de la réduction des taxes ne laissent pas indifférent l'électorat nationaliste. Donc, convergence... Et puis, quoi de mieux, pour les partis nationalistes, qu'un Etat nationaliste où les citoyens (les bons citoyens car il y a aussi les mauvais...) s'enrôlent activement et bénévolement dans ses objectifs !!?

Bon, voilà... voilà... Tout cela pour dire que ça n'est pas impossible que les thèmes de la culture libre et de l'économie non-marchande soient récupérés par des partis qui, pour ma part, me laissent perplexes sur la nature humaine !!

Alors, évidemment, notre projet (je préfère ça au terme collectif) se démarque clairement d'une telle orientation, parce que nous insistons lourdement sur la nécessité d'une économie non-marchande qui n'est pas fondée sur la coercition (donc non étatique), qui est égalitaire, non discriminante, en un mot, conviviale. Mais bon... Malgré toutes les précautions que nous prenons, on peut vite renvoyer une image tronquée...

Commentaires

Evidemment, ma réponse est un peu tranchée... Mais c'est que je n'arrive pas à répondre à une questions de fond. Dans quelle mesure nos petites actions de fond, ne risquent-elles pas de faire l'objet d'une marchandisation rampante ? Méfiance, de ce fait, envers les anthropologues, journalistes, sociologues, etc.

Non pas pour limiter la diffusion d'information, mais plutôt pour empêcher qu'elle subisse une emprise abusive par des intermédiaires !




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