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Pro et anti-marchandistes

Le journal de la culture libre et du non-marchand

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Titre: Pro et anti-marchandistes
Auteur initial: Benjamin Grassineau
Création de l'article: 24-07-2016 07:20
Dernière modification de l'article: 08-02-2017 à 12:57
Rubrique: Le journal de la culture libre et du non-marchand
Etat de la rédaction: finalisé / Droit de rédaction: ouvert / Licence: Licence culturelle non-marchande






Il n'est pas exagéré, lorsqu'on examine le positionnement idéologique par rapport au marché, même s'il s'agit d'une institution composite dont on peine à tracer les contours, d'affirmer qu'il donne naissance à de véritables doctrines. Cela ne nous avancerait guère de les définir comme des doctrines « religieuses » étant donné le flou qui caractérise le concept, mais, on peut en tous les cas observer l'intensité des croyances, du prosélytisme, des passions, induites par l'adhésion à ces doctrines. Etre pour ou contre le Marché est un engagement profond, presque ontologique. Quelque soit le positionnement, la ferveur des sentiments est toujours très forte. C'est un véritable acte de foi. Et tout le monde a son mot à dire sur la question.

Certes, la séparation entre les deux camps n'est pas brutale. Elle s'échelonne sur un spectre qui va des anti-marchandistes radicaux, qui voudraient que tout soit gratuit, aux pro-marchandistes fanatiques, qui voudraient étendre les principes du Marché aux moindres recoins de notre existence. Au sein des différents camps, il existe également des nuances.

Les pro-marchandistes

Ainsi, dans le camp des pro-marchandistes, des séparations assez diffuses, en dégradé, délimitent différents schismes :

Les « softistes » espèrent dans la venue d'un marché soft, éthique, solidaire, coopératif tandis que les « duristes » sont favorables à un marché punitif, inégalitaire et méritrocatique : « Que les meilleurs gagnent ! » pourrait être leur slogan. Dans le premier camp, on reconnaîtra bien sûr l'église de l'économie sociale et solidaire, qui attire de nombreux catholiques reconvertis1 et des dévots du développement durable. Dans le deuxième camp, on trouve sans peine quelques économistes nobélisés et journalistes économiques.

Les « régulationnistes » prônent un marché régulé, encadré par l'Etat, les « libertarianistes », un marché libéré de toute entrave qui, dans une parfaite harmonie cosmique, fonctionne sans intervention humaine, en suivant la mécanique impersonnelle des lois du marché (concurrence, loi de l'offre et de la demande, etc.)

Les « croissancistes », les « équilibristes » et les « décroissantistes ». L'opposition entre ces camps ressemble un peu à un débat d'experts, mais elle n'en est pas moins très importante, pour ne pas dire structurante.

  • Les premiers adorent une divinité bien retors, car elle nécessite des sacrifices nombreux et permanents (l'environnement, par exemple), la « croissance du PIB ». Car l'univers, dans ses multiples dimensions macro-économiques, obéit à un cycle inéluctable : la déesse de la croissance du PIB, lorsqu'elle est satisfaite (et elle est très capricieuse) nourrit la déesse de l'emploi qui à son tour, nourrit le dieu de la consommation, en retour, celui-ci, nourrit la déesse de la croissance du PIB ; et la boucle est bouclée. Il en résulte, en temps normal, rien moins que le bonheur humain, qu'on peut même aujourd'hui mesurer. Reste qu'un dieu bien coquin vient parfois gripper la machine, c'est le Dieu de la finance et de la monnaie. Tel un malin petit singe, il vient semer le désordre et la zizanie dans la grande famille divine. Comment ? Les clercs débattent longuement sur la question. Mais ils s'accordent sur un point : l'église (l'Etat) doit intervenir pour assurer la bonne continuité de ce cycle éternel.
  • Le deuxième camp, celui des équilibristes, souvent rassemblé au sein de l'église néoclassique, n'adore pas la déesse de la croissance du PIB (elle n'est pas assez virile), mais l'insondable, l'introuvable, l'inaccessible dieu de l'équilibre. Car ce principe immanent et transcendant, cette entité indéfinissable et insaisissable, cette main invisible, redistribue aux humains leur pain quotidien - et plus à l'occasion -, dans une harmonie pure et parfaite. Amen. Sur le fond, on notera que rien n'interdit une fusion avec le camp des croissancistes, car les divinités de sont pas opposées entre elles. Plus de croissance nous rapproche inévitablement de l'omniprésent optimum de Pareto. Et de fait, un syncrétisme s'est d'ailleurs développé, qui marie sans scrupule le dieu de l'équilibre et la déesse de la croissance du PIB. Et de leur union est née de nombreux enfants, comme le développement durable.
  • Le troisième camp se compose, au moins du point de vue des deux premiers camps, d'affreux hérétiques, de répugnants idolâtres, qui, brisant tous les tabous, rejettent la déesse de la croissance du PIB. Horreur ! Ces suppôts de Satan, ces adorateurs du mal absolu, vénèrent une déesse malfaisante, une déesse des ténèbres, qui plonge les humains dans la misère, le chaos, la déréliction : la déesse de la décroissance. Pour les décroissants, en effet, le mal, l'horreur économique, ce n'est pas le marché, c'est la croissance. Soit, mais qu'est-ce que la croissance ? Comme souvent, dans les mouvements religieux naissants, une myriade de sectes éclosent et ne parviennent pas à s'accorder entre elles. Il en va ainsi chez les décroissants. Décroissance du PIB, de la finance, de la mondialisation, des transports, de la technologie, etc. Tout est prétexte à décroissance. Mais fondamentalement, les décroissancistes demeurent quand même empreints d'une foi inébranlable dans le marché. Car il faut bien payer les paniers bio.

Les « universalistes » et les « limitationnistes ».

  • Dans le camp universalite, la thèse est simple. Le marché devrait occuper l'intégralité de l'univers social. Economiquement et socialement, tous les échanges devraient tomber sous son bienveillant empire ; spatialement, le marché doit s'étendre partout et « professionnellement », le marché doit s'étendre à toutes les activités. Vaste programme qui se déploie à travers deux courants : les « universalistes théoriques » pour lesquels l'universalité du marché s'entend dans le sens où toute action, toute pensée, est le fruit d'un calcul de maximisation de l'utilité. Rien n'est gratuit tout est intéressé. Les « universalistes pratiques », qui défendent l'universalité du marché dans ses applications. Autant le camp des universalistes théoriques semble essentiellement motivé par des questions théologiques, autant le camp des universalistes pratiques paraît motivé par des intérêts économiques concrets. En effet, il n'est pas difficile de voir que l'extension du marché à de nouvelles populations, de nouvelles activités entraîne un accroissement quantitatif des ventes.
  • Dans le camp limitationniste, la thèse qui prévaut est que le marché, même s'il est un dieu bienveillant, ne saurait tout contrôler efficacement. Dans certains domaines bien précis, tels que la prostitution, la charité, le trafic d'organes et la régulation du rail, on doit même le combattre. En bref, le dieu du marché est certes bienveillant, mais on reste tout de même un peu méfiant. Car la divinité est capricieuse et il faut laisser la place à d'autres divinités concurrentes.

Les « localistes » et les « multinationalistes ». Ce schisme, relativement récent, fait beaucoup parler de lui et attire de nombreux adeptes, positionnés à l'extrême gauche, à l'extrême droite, entre les deux, et ailleurs (dans une géométrie complexe). Les localistes affirment, pour résumer leur pensée profonde, qu'il vaut mieux acheter un sandwich local au PMU du coin qu'acheter un burger à Mac Do, un ordinateur BULL qu'un ordinateur DELL. C'est ainsi que les localistes se prélassent dans un manichéisme identitaire et nationaliste rassurant. Au loin, les étrangers, le mal, les multinationales capitalistes. Près de nous, le paysan bourru mais pittoresque qui vient vendre sa petite production sur le marché bio du centre ville, les produits de qualité qui, tels des onguents sacrés, ravivent l'âme et le corps.

Les non-marchandistes

De l'autre côté du spectre, les non-marchandistes réprouvent le marché comme régulateur des échanges sociaux. Ces hérétiques diaboliques sont encore peu nombreux, mais déjà, quelques schismes notables apparaissent dans leur camp.

Les « alter-marchandistes » et les « anti-marchandistes » constituent probablement la principale ligne de fracture. Les premiers, dans une optique plutôt libérale, militent pour le développement des échanges non-marchands sans rejeter les échanges marchands, dans l'idée qu'en fin de compte, pratiquer le couchsurfing n'empêche pas de se payer un hôtel de temps en temps ! Car s'il est vrai que l'hôtel est moins convivial, moins confortable et moins cher2 qu'un bon canapé, il peut parfois arriver qu'on ait secrètement envie de jouir du désir de domination et de rupture du lien social (je te paie et tu me laisses en paix) propre à l'échange marchand. Les seconds sont nettement plus vindicatifs envers ces suppôts de Satan que sont les marchandistes. Très critiques envers l'achat, ils abhorrent le marché et œuvrent sans relâche à sa perte, ou tout au moins à sa relégation dans les bas-fonds du capitalisme sauvage. En résumé, pour les premiers, il s'agit de concurrencer le marché, pour les seconds, de l'éliminer.

Il en découle une divergence notable sur les idéaux (l'utopie, si chère aux conservateurs…) qui oppose les « totalistes » et les « possibilistes ». Les non-marchandistes totalistes sont des anti-marchandistes intégristes qui voudraient que tout, mais alors tout, soit gratuit. Plus d'argent, plus de troc, rien. Tout gratuit et on en parle plus. Les non-marchandistes possibilistes sont des alter-marchandistes intégristes qui voudraient que tout ait une alternative gratuite. Tout besoin devrait pouvoir être satisfait, soit par la voie de l'échange marchand, soit par la voie de l'échange non-marchand, soit par la voie du renoncement, soit par d'autres voies impénétrables qu'Il nous montre dans son infinie bienveillance. Et toute ressource devrait pouvoir trouver son équivalent gratuit.

Dans la grande famille des non-marchandistes, on distinguera également sans peine deux sous-catégories : les « alter-marchandistes heureux » qui adorent les pratiques et la philosophie non-marchande dans une joie ineffable et communicative, et les « alter-marchandistes pénitents » qui pratiquent les échanges non-marchands par devoir, par obligation morale envers le nécessiteux ou pour se repentir d'avoir un jour pêché en ayant acheté un super fringue chez un styliste.

Dans le même ordre d'idée, on trouve essentiellement trois catégories de non-marchandistes, en fonction des motivations qui les animent. Les « philanthropes », qui pratiquent et promeuvent les échanges non-marchands pour des motifs religieux, par humanisme ou en vertu d'une morale « de gauche » qu'ils affectionnent. Les « individualistes » pour lesquels la pratique ou la promotion des échanges non-marchands vise directement ou indirectement, soit à accroître les libertés individuelles, soit à accroître sa richesse personnelle, ou les deux. De fervents partisans de la gratuité, à ce titre, peuvent l'être pour des raisons purement mercantiles. Enfin, les « misanthropes et collectivistes », tels les staliniens-maoïstes, souhaitent que la gratuité se développe, non dans l'espoir d'accroître le bonheur universel et l'abondance, mais dans l'idée de développer l'austérité et la tristesse généralisée, et de piller les riches bourgeois capitalistes. Après tout, l'humanité l'a bien cherché.

Une autre scission apparaît quand les non-marchandistes tentent de s'auto-définir, en distinguant, fort logiquement, le marchand du non-marchand. Deux cas polaires émèrgent. Pour les « inclusionnistes3 », tout est bon ! Troc, monnaie locale, SEL, ESS, services d'une association avec abonnement, Internet, services publics, aide sociale… Allez hop ! C'est non-marchand. Il est vrai que ce n'est pas gratuit, mais c'est au juste prix, c'est alternatif, c'est social, c'est solidaire, etc. ! Donc, il n'est point besoin de rigueur mal placée qui freinerait toutes ces bonnes initiatives. Au diable la précision ! Ce qui compte, c'est l'intention, la bonne volonté et surtout que ça ait l'air cool et alternatif. Le reste, c'est sclérosant. Les « exclusionnistes », à contrario, s'attachent à une définition de l'échange non-marchand horriblement contraignante. Evidemment, pas de troc, mais surtout, aucune obligation de retour, aucune obligation de participer, aucune obligation de financer, aucune contrainte aussi minime soit-elle, etc. Tels des puristes ou plutôt, des névrotiques obsessionnels, ils tentent d'approcher au plus près l'échange non-marchand pur et parfait qui leur apportera la révélation extatique. Inutile de préciser que bon nombre de pratiques que le vulgaire considère comme non-marchande passent sans hésitation à la trappe. Les services publics ? Que nenni, puisqu'ils sont financés par la contribution obligatoire. L'économie sociale et solidaire ? Oublions-la d'emblée puisqu'elle repose sur des échanges marchands. Les associations ? Toute adhésion obligatoire signifie une excommunication sans recours. Etc. !

On peut enfin distinguer plusieurs courants non-marchandistes en fonction des moyens qu'ils souhaitent employer pour développer (ou pas) l'économie non-marchande. Les « non-interventionnistes » considèrent que la non-action est la meilleure arme contre le marché ou pour l'économie non-marchande. « Ne pas coopérer avec l'ennemi », telle pourrait être leur devise. Inutile de tenter d'intervenir pour changer la société. En vertu de quoi l'autarcie, la décroissance, le retrait, comme l'ermitage, l'auto-production, la non-consommation, le refus de payer l'impôt, etc., sont quelques-unes de leurs stratégies favorites. Les « interventionnistes ». On peut en distinguer deux types. Les « interventionnistes cohérents », pour lesquels le développement et la promotion d'une société non-marchande doit s'appuyer sur des moyens cohérents avec les fins. A l'opposé, les « interventionnistes opportunistes » transigent volontiers avec les principes non-marchands, dans la mesure où la fin justifie les moyens. S'il faut, par exemple, commercialiser un produit pour pouvoir en distribuer une version de qualité moindre gratuitement, pourquoi pas… Quant aux subventions, on aurait tort de les écarter, car elles sont bien pratiques.

Approche réflexive

Les constructivistes n'ont sûrement pas tort d'affirmer que l'acte de définition est un élément constitutif de la réalité sociale, qu'il est l'un des éléments structurants, stratégiques dans le jeu qui oppose les courants idéologiques pour la légitimation et l'appropriation des ressources. A ce titre, s'affirmer comme non-marchandiste, c'est déjà reconnaître qu'un panel composite d'actions hétéroclites, de représentations plurielles, est suffisamment consistant, cohérent pour faire l'objet d'une catégorisation sociale, et désigner de cette sorte, pourquoi pas, les prémisses d'un mouvement social, ou tout au moins, affirmer les contours d'un groupe social qui se revendique ou qui est reconnu de l'extérieur.

Définir un espace d'actions et de représentations comme appartenant au non-marchand, ou au contraire, au marché, n'est donc pas neutre. Politiquement, cela revient à légitimer cet espace, à lui conférer une existence, une consistance, qu'il ne possédait pas forcément auparavant. Cela revient également à en tracer les contours, les frontières, et donc ce faisant, inclure ou exclure, mettre en relation des actions, des personnes, des représentations qui, auparavant pouvaient sembler indépendantes, disjointes, déconnectées. Et si le processus même de catégorisation n'est pas neutre, il en va de même, à fortiori, du lexique qui va l'accompagner. On m'a souvent fait remarquer, à ce titre, que le terme de non-marchand avait une connotation négative qui pouvait être préjudiciable au mouvement. Seulement, existe-t-il tout simplement un tel mouvement ? Est-il vraiment légitime de mettre dans le même panier des pratiques aussi différentes que le couchsurfing, le sexe gratuit, l'auto-stop et les ateliers d'auto-production gratuits ? Est-il acceptable de nier l'immense diversité des activités, des contextes d'actions, des ressources, des règles d'action, et de leur imposer une catégorisation fondée sur la modalité d'activité (marchand, non-marchand, coercitif...) ? Peut-on regrouper dans un même groupe social des activistes et de simples usagers de l’économie non-marchande ?

Deux camps s'affrontent à cet endroit. Les « légitimistes » pour qui, sans hésiter, la réponse à ces questions est affirmative. Il est tout à fait légitime de parler d'économie non-marchande, dans le sens où il s'agit d'une réelle alternative au marché, et non d'un simple artefact théorique. Les « fictionistes » pour qui l'économie non-marchande est une pure fiction, une invention d’utopistes en mal de sensations fortes !

Enfin, l’action de catégoriser l’économie en deux sous-ensembles, l’économie marchande et l’économie non-marchande, peut soulever deux réactions opposées. Pour les « culturalistes », cette catégorisation est motivée par un constat observationnel, par un fait culturel brut qui dépasse les motivations et les représentations qui concourent à sa construction. La réalité de ce fait culturel préexiste à sa catégorisation. L’économie non-marchande est portée par un ensemble d’actions, d’évènements, de contextes, qui la rendent tangibles. Pour les « utopistes », au contraire, ce fait culturel est, encore une fois, le pur produit d’une utopie, dont la mise en oeuvre ne peut être dans le meilleur des cas, qu’éphémère, ou dans le pire des cas, qu’inexistante. Inexistante car les motivations des usagers et/ou des activistes de l’économie non-marchande, de cette kyrielle éphémère d’espaces de gratuité sauvages ou domestiques, sont soit purement fictives, soit faussement non-marchandes. Derrière des comportements en apparence non-marchands, se cacherait en réalité des motivations ou des stratégies marchandes latentes qui feraient retomber ces pratiques dans le giron du marché.

Conclusion

Si la catégorisation sociologique n’est pas neutre, il en va ainsi de la catégorisation sociologique profane. Là où nous voyons un marché omniprésent, un marché indépassable, un marché universel, voyons-nous autre chose que ce que nous voulons voir ? Quand on me dit, par exemple, que la marchandisation a colonisé Internet, je rétorque toujours avec une petite pointe de provocation : « Comment le savez-vous ? Pour ma part, je n’en ai pas le sentiment. J’utilise un bloqueur de pub. ». Et effectivement, que savons-nous de la nature de l’immense volume des échanges sur Internet ? Les courriels gratuits, les sites persos, le dark web, tout cela constitue une vaste galaxie d’échanges non-marchands. Quant aux sites qui font de la publicité, tout dépend du regard… Un bloqueur de publicité rend tout simplement invisible leur caractère marchand pour un simple visiteur. Bien sûr, invisibilité ne signifie pas inexistence, mais il en va de même dans un sens comme dans l’autre. Un filtre représentationnel puissant nous conduit à interpréter la réalité selon des typifications préconçues, nous rendant tout simplement invisibles cette masse collossale d’échanges non-marchands qui structurent nos interactions, notre quotidien et sans lesquels, l’échange marchand ne pourrait probablement tout simplement pas exister. Si l’affichage d’un prix, l’utilisation du langage, l’accès aux points de vente, la publicité, étaient payants, le marché serait tout simplement paralysé. Pas de marché sans son double redouté : la gratuité !

Notes

 

1 Le catholicisme étant initialement plutôt anti-marchandiste, du moins c'est ce qu'affirment de nombreux historiens, tels Jacques Ellul, Jacques Le Goff, etc.

2 Il faut notamment penser aux frais médicaux qui suivront une nuit blanche et agitée sur un canapé : rhume, gueule de bois, lombago, etc.

3 Le terme est issu de la lexicologie wikipédienne.




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